Pourquoi redistribuer librement un travail qui coûte ? Comment sont rémunérés les développeurs de logiciels libres ? Voici bien les questions qui se posent quand on aborde le sujet. En effet, pourquoi payer – pour l’utilisateur – et faire payer – pour le développeur – un logiciel dont le code source est disponible gratuitement ? Or, il existe des développeurs qui gagnent de l’argent en participant à des projets libres et des entreprises qui ne fournissent que des logiciels libres – par exemple Apache.
Il faut tout d’abord savoir que tous les développeurs ne sont pas rémunérés. De nombreux projets libres sont développés par des informaticiens bénévoles, qui font ça sur leur temps libre, ont un autre travail et ne développent que par passion. La distribution libre de leur travail est donc toute naturelle. Mais pour les autres – et les entreprises – quels sont alors les sources de revenus possibles ?
Différents modèles ont été inventés et testés avec plus ou moins de succès.
Un modèle qui a le vent en poupe : le modèle hybride : le logiciel libre payant ! Le code source est disponible, certes, mais la version payante incorporte un installeur automatique, une documentation… Il est également possible de mixer libre et propriétaire en proposant aux utilisateurs une version libre et généralement gratuite, et une version propriétaire avec des fonctionnalités en plus.
Les financements : certains projets libres d’ampleur sont financés par des grands comptes tels que Google, IBM… qui espèrent pouvoir ensuite utiliser les idées ou le code dans leurs propres projets. Certains projets sont également financés par des particuliers grâce aux dons de ces derniers. Pourquoi des particuliers donneraient-ils ? Pour les mêmes raisons que l’on financerait une association quelconque. Parce que que l’on croit que le logiciel peut aboutir à quelque chose d’intéressant, parce qu’on l’utilise et que l’on souhaite qu’il perdure…
Le dépannage, le support : le modèle utilisé par de nombreuses entreprises du libre est de fournir le logiciel librement et gratuitement à l’utilisateur, mais de faire payer le support technique, le dépannage ou tout autre service que l’entreprise pourrait apporter en plus du logiciel.
Les sociétés de services en logiciels libres : tout comme les SSII, ces sociétés proposent à d’autres la réalisation de logiciels, du conseil, de l’expertise… La différence réside dans les logiciels développés et utilisés qui sont dans le cas des SSLL uniquement libres.
Une grande question qui se pose alors est : peut-on tendre vers une société informatique basée uniquement sur les logiciels libres ?
Attention, tout ce que j’exprime à partir d’ici reflète un avis totalement personnel et mes réflexions à ce sujet.
Le logiciel libre encourage la concurrence, encourage l’amélioration et la réactivité. Ces valeurs sont indispensables à la société et permettent une amélioration générale des logiciels fournis. Cependant, il est très difficile pour une entreprise de ne vivre que du logiciel libre et on ne compte que quelques réussites pour beaucoup d’échecs. En effet, les modèles économiques sont difficiles à mettre en place et la rentabilité est rarement au rendez-vous. Ils sont donc peu viables pour une entreprise. Etant donné qu’il n’est pas envisageable de confier l’intégralité du développement logiciel aux seuls “passionnés” à cause des inconvénients évoqués dans la partie précédente – trop de choix, peu d’intégration possible, pas de solutions logicielles… Une société basée uniquement sur du propriétaire présent les problèmes que l’on connaît – monopole, hausse des prix, problèmes d’assistance… mais une société basée sur du libre ne pourrait pas tenir économiquement. J’en conclu donc pour ma part que le logiciel propriétaire est indispensable à notre économie, tout comme l’est le logiciel libre.
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