Quels sont donc les avantages et les inconvénients d’un logiciel libre ? Pourquoi préférerait-on un logiciel libre, ou à l’inverse un logiciel propriétaire ?
Les listes suivantes ne sont pas exhaustives et chacun est libre d’agréer ou non aux arguments présentés. Je propose cependant les points généralement admis pas tous comme avantages et inconvénients.
Avantages : à vous la liberté !
1/ La qualité : Un logiciel libre est généralement de qualité. En effet, si le projet en vaut la chandelle, de nombreux développeurs travaillent sur le logiciel pour l’améliorer, pour corriger les bugs, pour le sécuriser d’avantage… Ceci est dû à ce qu’on appelle le principe de révision par les pairs, c’est à dire que des personnes compétentes (c’est à dire ayant les connaissances nécéssaire pour appréhender le logiciel) vont travailler dessus, relire ce qui a déjà été produit par quelqu’un et éventuellement le corriger ou le modifier. Ce principe s’applique dans de nombreux autres domaines que l’informatique (par exemple, la publication d’articles scientifiques, la pharmacologie…) et a déjà fait ses preuves dans ce domaine.
L’un des argument anti-logiciels libres ou de la part de personnes ne connaissant pas bien le domaine est souvent : “Oui mais si tout le monde peut modifier le logiciel, n’importe qui peut écrire n’importe quoi et tout faire planter ! “ (j’ai eu aussi cette idée du temps ou je ne comprenais pas bien tout ça), ou encore “Si tout le monde peut modifier le logiciel, n’importe qui peut introduire un virus, un cheval de Troie ou tout autre malware à l’intérieur”.
Ce n’est pas totalement faux, mais… D’une part, les personnes modifiant le logiciel ne le font pas forcément pour le donner à d’autre, mais pour améliorer ou modifier légèrement une fonctionnalité qui ne leur convient pas tout à fait ou ajouter un petit quelque chose qui leur manque. Dans ce cas, s’ils font des âneries ou s’ils introduisent un malware… c’est leur problème. Dans le cas où le logiciel est ensuite redistribué, la personne a l’obligation de laisser disponible le code source. Donc ce code peut être encore une fois “révisé par les pairs” qui pourront détecter toute erreur ou malveillance.
Bien que le risque 0 n’existe pas, si vous prenez vos logiciels libres sur des plateformes sûres ou, mieux, sur le site officiel du logiciel, vous ne risquez pas grand chose. Il y aura toujours quelqu’un pour s’assurer que le logiciel est “safe”. Et quand bien même vous l’avez téléchargé avant que la vérification ne soit faite, il y a l’avantage 2 !
2/ La réactivité : Un logiciel libre est beaucoup plus réactif qu’un logiciel propriétaire ! Toujours pour la même raison : de nombreuses personnes travaillent dessus. Si un bug est détecté, il sera corrigé très rapidement et une nouvelle version sera mise à disposition. Plus besoin d’attendre des semaines que le propriétaire du logiciel daigne enfin sortir le patch n°31509 pour corriger le bug n°274. Et le n°275 ? Ah bah il faut attendre le prochain patch ! J’exagère à peine…
Ce même principe fait qu’un logiciel libre est, contrairement aux idées reçues, bien sécurisé ! Les failles de sécurités sont généralement détectées par les experts avant les hackeurs. Et donc corrigées avant que les virus les exploitant n’attaquent !
3/ Le coût : Un logiciel libre est généralement bien moins cher qu’un logiciel propriétaire. Je sais, j’ai donné un contre-exemple précédemment, mais il faut bien comprendre que l’association libre = gratuit n’est pas partie de rien. La plupart des logiciels libres sont gratuits, ou à coût très faible. En effet, les développeurs travaillant sur ce logiciel le font souvent bénévolement, sur leur temps libre et ont un autre travail à côté. Il est donc inutile de les rémunérer. De plus, les logiciels libres sont souvent issus de projets “personnels” qui ont pris de l’ampleur, et non d’une entreprise qui aurait besoin d’argent pour rentabiliser sa création.
Je n’insisterais pas plus sur ce point, car je reviens sur la partie modèle économique du logiciel libre dans la partie suivante.
4/ L’autonomie : Quand vous utilisez un logiciel libre, vous êtes vous-même libres ! (sans blague…) Plus sérieusement, vous ne dépendez pas de la stratégie de la boite qui vous a vendu le logiciel, vous ne dépendez pas de leur bon vouloir pour effectuer telle ou telle modification, pour ajouter la petite fonctionnalité qui vous plaît bien. Vous pouvez le faire vous-même ! (ou demander à un pote développeur de vous le faire). Et si vous avez effectuer des modifications sur le logiciel, vous êtes libres de proposer votre travail à d’autre sans vous faire attaquer pour non respect du droit d’auteur, vous êtes libres de faire payer votre expertise sur le logiciel, bref vous faites comme bon vous semble.
5/ La libre-concurrence : Grace au logiciel libre, plus de monopole ! Cela favorise donc la concurrence entre entreprise, permet le développement de nombreuses PME… Et encore une fois, vous êtes libres de choisir ! Plus besoin de prendre le logiciel X parce que c’est le seul disponible (et donc de le payer au prix fort) puisque des alternatives libres existent.
6/ La maintenance : Un logiciel propriétaire dépend, pour continuer à être maintenu, de la bonne volonté de l’entreprise et des choix stratégiques de celle-ci. Si elle décide d’abandonner le logiciel, vous ne pouvez rien y faire. Concernant les logiciels libres, une communauté de développeur travaille. Le risque que le logiciel soit abandonné par tous est donc beaucoup plus faible. Il y aura toujours quelqu’un pour reprendre le flambeau. Ceci est bien évidemment valable pour les projets importants et non pour les logiciels développés par une ou deux personnes sur leur site personnel.
7/ L’entre-aide : La communauté du logiciel libre est très développée, et vous trouverez toujours quelqu’un pour vous aider à utiliser votre joujou. Les gens ont eu les mêmes problèmes que vous, les ont résolus ou modifié le logiciel, et pourrons donc vous renseignez ! De plus de nombreux forums dédiés à tel ou tel logiciel existent. N’hésitez pas à trainer dessus.
Inconvenients
1/ Trop de choix : Vous êtes libres de choisir, c’est vrai. Tellement vrai qu’il existe généralement pléthore de logiciel pour un même besoin. Et les logiciels sont si ressemblant les uns des autres qu’il devient très difficile de choisir. De même, chacun choisira d’ajouter la fonctionnalité qui lui plaît dans le logiciel, d’effectuer le travail de cette façon ci et pas de celle-là… Vous risquez donc de vous retrouver avec un logiciel A qui possède une fonctionnalité dont vous avez besoin, un logiciel B qui possède une autre fonctionnalité dont vous avez aussi besoin…
2/ Difficultés d’intégration : Il est très difficile en ce qui concerne les logiciels libres de les intégrer dans une solution logicielle, à moins que la solution entière ait été développée en libre par une équipe. Mais la plupart du temps, les logiciels sont indépendants et ne sont pas fait pour travailler avec d’autres. La mise en place d’une solution complète demande donc de nouveaux développements dans ce sens, souvent difficiles à mettre en place.
3/ Incompatibilités : Les logiciels libres sont rarement compatibles avec les logiciels propriétaires. Vous avez déjà essayé d’ouvrir un fichier .doc créé avec Microsoft Office dans Open Office ? C’est assez moche hein ? Le problème se retrouve dans de nombreux domaines. Les logiciels libres entre eux sont généralement parfaitement compatibles, puisque les format qu’ils utilisent sont des standards ouvert et utilisables par tous. En revanche, ouvrir correctement un format propriétaire avec un logiciel libre tient du domaine de l’impossible.
4/ Manque de documentation : C’est bien connu, la plupart des codeurs préfèrent coder à écrire de la documentation. Bien que cela ne soit pas vrai pour tous les projets libres, il faut bien avouer que la documentation est souvent assez succincte, bien que, comme dit précédemment, la communauté des utilisateurs est très “entre-aidante’”. Cela dit, ce n’est pas parce qu’un logiciel est propriétaire que la documentation est mieux faite… A bon entendeur!
5/ Licence libre parfois impossible : Il n’est pas toujours possible de publier un logiciel sous licence libre. Si le logiciel utilise une technologie propriétaire, si le développeur a passé un accord avec un tiers, si un brevet a déjà été déposé ou si la loi l’interdit (dans certains cas… DADVSI quand tu nous tiens ! )
6/ Modèles économiques compliqués : Enfin, les modèles économiques permettant le développement du logiciel libre sont complexes… très complexes… Il est beaucoup plus difficile de gagner de l’argent et de vivre de la production de logiciel libres par rapport aux logiciels propriétaires. Je reviendrai en détail sur ce point dans la partie suivante.
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