Archive pour décembre 2009
Les bugs qui coûtent chers…
Tout le monde connait la notion de « bug informatque », ces petits dysfonctionnements présents dans un programme informatique et qui font s’arrêter le système, donnent des résultats aberrants ou encore de magnifiques écrans bleu (Blue Sreen Of Death). Jusque là, rien de bien dramatique. Juste quelques utilisateurs qui râlent, des PC à redémarrer… Mais quand l’impact du bug se compte en quelques millions de dollars ou en vies humaines, les conséquences sont autres.
Petit tour d’horizon des bugs les plus chers (et parfois les plus ridicules) de l’histoire de l’Informatique.
Attention aux approximations
23 Août 1991 : Une plate-forme de forage de 100 000 tonnes coule provoquant un séisme de magnitude 3 sur l’échelle de Richter. L’expertise a montré qu’une approximation effectuée dans le logiciel de calcul de la résistance des parois a conduit à une sous-estimation de 47% de cette résistance. Le point de rupture était situé à 65m de profondeur, alors que les calculs sans estimation ont montré que la rupture était probable à partir de 62m. Coût estimé : 700 millions de dollars
Attention à l’accumulation de retard…
25 février 1991 : En Arabie Saoudite, un missile irakien détruit un baraquement américain. Bilan : 28 morts, 100 blessés. Pourquoi les américains n’ont-il pas envoyé de missiles anti-missiles ?
Le logiciel chargé de la protection de la base effectuait une erreur d’arrondi lors du calcul du temps, erreur évaluée à 0,000000095 secondes. Or, le logiciel étant au moment de la catastrophé lancé depuis 100 heures, l’erreur finale était de 0,3 secondes. De plus, la vitesse d’un missile étant 1676m/s, l’erreur commise sur la position était de 500m. L’alerte n’a donc pas été déclenchée et aucune protection n’a été lancée. Le plus drôle (ou grave, selon les points de vues…) est que le bug a été détecté le 11 février, donc bien avant ‘attaque. Le correctif de ce bug est arrivé le 26 février.
Attention à la réutilisation !
4 juin 1996 : La fusée Arianne 5, lancée depuis la base de Kourou en Guyanne Française, s’auto-détruit après 40 secondes de vol. Une vitesse horizontale importante avait été signalée peu avant par le Système de Référence Inertielle. Ce système (SRI), développé pour Arianne 4, n’était plus utile sur Ariane 5 mais à été conservé néanmoins.
Les études ont montré que l’erreur était due à un dépassement de capacité dans le code du SRI (pour les non-initié : un dépassement de capacité, ou buffer overflow, se produit lorsquer le codage de la valeur stockée est plus important que la taille mémoire disponible pour le stockage. Par exemple, une valeur de 32 se code sur 5 bits. Si la mémoire utilisée pour stocker cette valeur ne fait que 4bits, on aura alors un dépassement de capacité). La vitesse d’Ariane 5 est bien plus élevée que celle d’Ariane 4, par conséquent le SRI conservé depuis Ariane 4 ne pouvait supporter cette valeur. Coût de la perte : 500 millions de dollars
(Mes-)Entente entre les équipes de développement
Pour finir, un petit « bug » qui n’ a rien d’informatique, mais dont les auteurs auraient dû recevoir le prix IgNobel de la communication…
23 septembre 1999 : la sonde Mars Climate Orbiter, chargée de graviter autour de la planète rouge, est déclarée disparue après plusieurs heures sans réponse aux appels incessants de la base. Il semblerait que la sonde ait survolé Mars à une altitude beaucoup plus basse que celle prévue théoriquement, ce qui aurait provoqué son crash sur la planète. De nombreuses études sont menées pour découvrir la cause du problème, notamment sur le logiciel chargé d’effectuer la dernière correction de trajectoire avant la mort de la sonde. Il était en effet très probable que l’erreur vienne d’ici (dernière « personne » à avoir vu la sonde vivante…)
Après une semaine complète de recherches dans tous les rouages du projet concernant Mars Climate Orbiter, le verdict tombe, et il en est presque ridicule.
En effet, deux équipes avaient travaillées lors de la conception d’un des logiciels embarqués dans la sonde. L’une d’entre elle, composée d’ingénieurs du Lockheed Martin Astronautics, envoyait ses données en utilisant le système métrique anglo-saxon (pieds, miles et autres joyeusetés), tandis que l’autre, ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory, utilisait ces données transmises en considérant qu’elles étaient codées dans le système métrique international. Les systèmes de correction de trajectoires « exploitaient » donc ces erreurs en imposant à la sonde une erreur de trajectoire qui lui fut fatale…
Pour teminer, petit clin d’oeil à la sonde russe Kosmos, écrasée elle aussi sur Mars suite à une erreur de paramétrage. En effet, le module chargé de positionner la sonde correctement après sa mise en orbite ne s’est pas allumé comme prévu. Il a été montré que cette erreur est due à la mauvaise manipulation d’un technicien qui a programmé la mise en route du module, non pas à 1,5 heures comme prévu, mais 1,5 années… Epic Fail…
« Informatique : Alliance d’une science inexacte et d’une activité humaine faillible »Luc Fayard, Dictionnaire impertinent des branchés
Le nouveau pari de Google
Depuis maintenant presque un an, Google exploite son nouveau navigateur web : Chrome. Celui ci a d’ores et déjà été adopté par plus de 30 millions d’internautes. Aujourd’hui, non contente de cette première réussite et après le succès également rencontré par Android, son système d’exploitation pour l’embarqué, la multinationale américaine décide de jouer encore plus haut : elle a annoncé en juillet 2009 le lancement de son premier système d’exploitation pour pc portable : Chrome OS.
C’est quoi ?
Tout d’abord, petite vue globale. Chrome OS est donc, comme son nom l’indique un système d’exploitation basé entre autre sur le navigateur Chrome à destination des NetBooks, ces « micro-pc » nécessitant un OS plus léger que la normale (eeepcs et autre). Le code sera donc bien évidemment Open Source (on parle de Google quand même !) et les premiers ordinateurs disposant de ce système devraient être lancés sur le marché d’ici mi-2010.
D’un point de vue technique, Chrome OS est basé sur un noyau Linux allégé pour pouvoir tourner sur des NetBooks. Tout dans cet OS tournera autour de la technologie Web et du navigateur Chrome. Il donne accès à des services web simples tels que du traitement de texte, visualisation de vidéos… Toutes ces fonctionnalités utilisent bien évidemment les différentes applications Google (Google Documents, Google video…).
Comme pour toutes ses applications, Google a basé Chrome OS sur trois valeurs essentielles aux yeux de la compagnie : Rapiditié, Simplicité, Sécurité (RSS, vous connaissez ? ). En terme de performance, Google Chrome démarrerait en 7 secondes chrono (là où un Windows en met 30 dans le meilleur des cas, à moins d’utiliser une bête de course en guise d’ordinateur)
Pour ceux qui seraient intéressés, le code source de Chrome OS a été publié par Google et est disponible sur Internet. Pour le tester sur machine virtuelle, c’est ici, pour créer une clé bootable de Chrome Os, c’est par là.
Bon, et où est la nouveauté ?
En soi, nulle part. Il faut bien l’avouer, un OS light pour netBooks, ce n’est pas révolutionnaire, Windows et les différentes distributions Linux ayant déjà allégé leurs OS dans cette optique.De plus, Chrome OS ne sera pas beaucoup plus qu’un navigateur internet modifié pour tourner seul.
Vous me demanderez alors : pourquoi l’utiliser ? Qu’est ce qui fait que ce truc sera meilleur qu’un autre ?
Réponse : Parce que c’est Google !
Soyons sérieux (et évitons les troll). Google n’a jamais vraiment cherché à innover, il a toujours cherché à améliorer ! La plus grande force de Google (à mon humble avis) est sa capacité à offrir des outils performants, variés, ergonomiques, tout cela accompagné d’une qualité de service indéniable, tout cela gratuitement. La boîte mail en ligne existe déjà ? Qu’importe, Google lance Gmail et offre une capacité de stockage gigantesque, des fonctionnalités bien appréciables.
Il n’y a plus qu’à espérer que Chrome OS ne fasse pas exception à la règle. Réponse fin 2010…
Pour suivre l’actualité de Google, rendez-vous sur le blog officiel de Google.
Google labs pénètre la bande son des vidéos
Il est désormais devenu courant de rechercher un texte sur Internet grâce à des mots clés présents dans ce texte. Mais quand c’est une vidéo qui nous intéresse, là, ça devient plus compliqué. La seule solution actuellement pour les fournisseurs de vidéos, est de les indexer correctement pour optimiser la recherche.
Google Labs a décidé de pousser plus loin et lance Gaudi.
Gaudi, kesako ?
Gaudi pour Google AUdio Indexing. Gaudi est le nouveau moteur de recherche de Google Labs. Non content de proposer des vidéos qui semblent en rapport avec les mots clés en fonction des descriptions et commentaires, Gaudi va rechercher directement dans les paroles prononcées sur la vidéo les mots et expression recherchés. Il vous indiquera également dans la barre de progression de la vidéo les endroits où ces mots sont prononcés.
Gaudi vous permet également de rechercher à l’intérieur d’une vidéo particulière.
Cool. Et ça marche comment ?
Pour ce faire, Google a réutilisé une technologie développée pour l’un de leur gadget : Google Elections Videos Search. Cet outil incorporable à la page d’accueil iGoogle permet de rechercher des phrases prononcées par les candidats à la dernière élection présidentielle.
Les paroles sont « transformées » en données textuelles, que l’indexation classique de Google trie par pertinence avant de renvoyer le résultat sous forme de vidéo à l’utilisateur.Les vidéos sont donc triées en fonction de leur contenu, des métadonnées incluses, de la date de publication…
Google a donc étendu ce principe pour créer Gaudi.
Super tout ça ! Bon, j’ai des recherches de vidéos à faire moi…
On se calme ! Indexer l’ensemble des vidéos existant sur le net est un travail titanesque, et Google n’y est pas encore. C’est pourquoi, pour l’instant, Gaudi est restreint à l’indexation des vidéos présentes sur la chaîne politique américaine de Youtube. Vous pourrez donc trouver par ce moyen des émissions politiques, des morceaux extraits de journaux télévisé, des discours d’hommes politiques américains… Tout ça en anglais, bien évidemment.
C’est peu compte tenu de la quantité de vidéos disponibles sur Internet, certes, mais c’est déjà une bonne avancée. Et puis Google étant le spécialiste des paris à Grande Echelle (Google Earth, Google Street View…) qui sait, peut-être un jour nos vidéos françaises seront-elle indexées et Gaudi intégré dans le moteur de recherche « courant » de Google
Pour tester ce nouveau service : http://labs.google.com/gaudi