Archive pour novembre 2009
L’éducation sur la tête…
Je vais m’écarter un peu du domaine scientifique sur cet article pour pousser un énorme coup de gueule contre l’orientation qu’est en train de suivre le système éducatif français. Je m’explique. Le niveau demandé se dégrade à une vitesse ahurissante, la discipline est de moins en moins respectée, les profs doivent faire de plus en plus de métiers différents et en ont marre.
Détaillons…
Le niveau :
J’ai quitté le lycée il y a un peu plus de quatre ans maintenant (Dieu comme ça passe vite). Je n’avais pas l’impression qu’il puisse se produire autant de changement en un laps de temps aussi court. Et pourtant, j’avais tord… Il y a quelques années, nos professeurs de lycée étaient horrifiés devant un élève incapable d’effectuer une division correctement de tête (ou en la posant si elle était vraiment trop compliquée ^^), aujourd’hui on le remarque seulement, c’est presque normal. Il y a quelques années, une phrase comme « Yesterday I go cinema » était considérée comme une hérésie et nous valait un beau discours animé du prof nous rappelant les règles de grammaire élémentaires, aujourd’hui c’est considéré comme correct car on comprend ce que l’élève a voulu dire (consignes officielles de correction d’épreuves…). A vous qui comme moi avez quitté collège et lycée il y a moins de 10 ans, vous trouvez ça normal d’obtenir une telle dégradation aussi rapidement ? A tous : de tels exemples ne vous choquent-ils pas ?
Alors je me pose une question : comment a-t-on pu en arriver si vite à un tel résultat ? Personnellement, j’ai peut-être quelques éléments de réponse.
Désormais, l’ère est à la compréhension ! Il ne sert absolument à rien d’apprendre par coeur, il faut comprendre ! Si l’élève a compris, il retiendra. Vous avez compris vous que 2+2=4 ? Comment le savez-vous alors ? Parce que vous l’avez appris. Et bien j’estime que c’est le même problème pour certaines autres notions comme les tables de multiplications (la joie des interrogations de la part des parents en plein milieu du repas ! mais merci papa, merci maman, maintenant je les connais ! ) ou certaines règles de grammaire élémentaires. Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : il ne suffit pas d’apprendre bêtement sans jamais chercher à comprendre. Pour certaines notions de bases, il n’y a rien à comprendre, c’est une règle point final. Mais pour d’autres (théorèmes en maths/physique par exemple), bien sûr qu’il faut les comprendre et ne pas retenir bêtement. Mais l’apprentissage de l’énoncé du théorème permet de l’appliquer ensuite avec rigueur. Et voilà le point clé que l’on est à mon avis en train de perdre : la rigueur ! Cette rigueur qui nous faisait énoncer toutes nos variables lors de nos démonstrations, que l’on aurait bien voulu parfois éviter car on ne savait pas comment la satisfaire. Mais cette rigueur qui nous permet à présent, dans notre vie professionnelle, de résoudre un problème qu’on ne connait pas (et dont personne ne nous donnera la solution) et de pouvoir dire « La solution que je propose fonctionne, car elle a été faite avec rigueur. »
Cette même rigueur qui aujourd’hui est ridiculisée ! « Oh ce n’est pas grave si la phrase n’est pas tout à fait correcte. On a bien compris qu’il était allé au cinéma ». « Ce n’est pas grave si son texte est bourré de fautes d’orthographe, on comprend ce qu’il veut dire. »
Et bien non ! Désolée, mais non ! Moi quand je lis une phrase comme ça :
« tragedie c de la bale vou savé ke tragedie tizybonne shai se son rencontré dan le 308 il en a un il a chanté une chanson é lotre a repri lé parole c com sa kil se son conu »
je dois sérieusement me concentrer pour comprendre ce dont il veut parler. Et voilà que j’entends qu’on veut réformer la langue française parce que ces pauvres petits ne sont plus capables d’apprendre quelques mots ? É dan kelk ané ont écri tt com sa ! Permettez-moi de m’éxiler avant !
Cela dit, la baisse (effrayante) du niveau n’est pas le seul problème majeur rencontré par les profs actuels… Je veux à présent parler de la
Discipline :
La discipline est morte, vive les emmerdes ! En un peu plus de 5 ans, que s’est-il passé ? Qu’est-il arrivé à ces charmants bambins pour qu’ils soient aussi insupportables à présent ? Pour qu’ils se comportent d’une façon à laquelle on n’aurait même pas osé penser ?
Une fois dans le bus, j’ai vu quelque chose qui m’a choqué : une enfant de moins de 5 ans qui voulait bouger, et sa mère ne voulait pas. La petite fait un caprice, normal jusque là, mais finit par frapper sa mère de la main. La mère n’a sans doute pas eu mal, mais elle n’a pas bougé. Elle n’a pas grondé sa fille, elle ne lui a même pas fait les gros yeux, rien ! Pas une seule réaction. Après avoir vu ça je ne m’étonne plus vraiment des problèmes de discipline que rencontrent les professeurs (et les parents quand leur enfant arrive en pleine « crise d’adolescence » ! Elle a bon dos la crise d’adolescence !)
Les parents d’aujourd’hui sont-ils conscients que ce n’est pas du rôle des enseignants d’éduquer leurs enfants mais du leur ?
La première solution à ce manque de discipline (et de respect envers les adultes aussi) serait de rappeler aux parents que ce sont à eux de l’inculquer à leurs enfants. Si dès le début, ces petits étaient pris correctement en charge, quitte à se prendre quelques fessées de temps en temps, on n’en serait pas à ce stade arrivé collège/lycée.
Je m’arrêterai à la description de ces deux problèmes majeurs. J’ai poussé mon coup de gueule, ça fait du bien et de toute manière il serait trop long de faire une liste exhaustive de tout ce qui me fait frémir dans l’enseignement actuel. Vous allez peut-être penser que la solution à ces problèmes n’est pas si simple, qu’il y a d’autres problèmes à prendre en compte que je ne connais pas. Et vous n’auriez pas tord. Seulement l’orientation actuelle du gouvernement à ce sujet me fait peur. Des reformes dans tous les sens, des modifications totalement inutiles et ridicules en oubliant peut-être que de temps en temps, une refonte en profondeur des bases vaut mieux que des modifications de surface qui ne tiennent pas. Vous construiriez un gratte-ciel sur des fondations fissurées vous ?
« L’éducation consiste à nous donner des idées, et la bonne éducation à les mettre en proportion » Montesquieu
Pluie d’étoiles
Une petite brève pour vous dire de vous préparer à veiller la nuit du 17 au 18 novembre. En effet, cette année, comme tous les ans, la Terre coupe l’orbite d’une ancienne comète, la 55P/Tempel-tuttle, emplissant notre ciel d’une pluie d’étoiles filantes.
Le maximum d’activité devrait se produire entre 22h et minuit heure française, avec en prévision 100 à 300 météores par heure, soit une toutes les 10 à 30 secondes !
Alors préparez vos yeux pour un spectacle rare et enchanteur.

pluie de Léonides
Notre vie, la seule ?
« Je suis persuadé qu’il n’y a pas de vie ailleurs que sur Terre ».
Telle était la réponse de Philippe Marlière, docteur en biochimie et spécialiste de l’évolution dirigée des micro-organismes, à la question de Science et Vie : « De quoi êtes-vous sûr sans qu’il soit possible de le démontrer ? » (n°1105, octobre 2009). Et il n’est pas le seul. Nombre de scientifiques ont dit « il ne peut pas y avoir de vie sur telle ou telle planète ! Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’atmosphère/trop de méthane/pas assez d’azote »… J’en passe et des meilleures.
Alors non, aucun être vivant sur Terre ne pourrait vivre sur cette autre planète. Mais n’est ce pas un peu simple de réduire la Vie à « ce qui ressemble à ce qu’on connait » ?
Commençons par le début… Qu’est ce que la Vie ? On ne va bien sûr pas tenter de répondre à cette question, sur laquelle butent les philosophes depuis des centaines d’années en 10 minutes. Mais prenons juste la définition du dictionnaire.
D’après le Larousse, la vie c’est le « Caractère propre aux êtres possédant des structures complexes (macromolécules, cellules, organes, tissus), capables de résister aux diverses causes de changement, aptes à renouveler, par assimilation, leurs éléments constitutifs (atomes, petites molécules), à croître et à se reproduire. »
Résumons donc : être vivant c’est être capable de croitre et de se reproduire. En effet, sur Terre, tous les êtres vivants connus ne peuvent répondre à ces caractéristiques que dans certaines conditions très particulières (on est fragiles sur Terre quand même…). Il est vrai que statistiquement parlant, la probabilité que l’ensemble des éléments ayant conduit à l’apparition de la vie sur Terre se reproduisent pour faire apparaître la vie sur une autre planète est particulièrement faible. Si faible qu’il est presque inconcevable qu’une vie semblable à la notre existe sur une autre planète.
Oui mais… « Semblable à la notre »… Semblable à notre façon de croitre et de nous reproduire… Pourquoi ne pourrait-il pas en exister d’autre ? On connait donc si bien l’Univers pour être capable de dire que nous sommes les seuls à vivre ? Ou l’Homme est-il si prétentieux qu’il soit persuadé d’être le seul ? Est-ce un reste des vieilles croyance comme quoi il est au centre de l’Univers ?
Et si on apprenait à réviser nos croyances, à revoir notre façon de penser. Est-il si difficile d’imaginer que quelque part dans cette immensité, d’autres créatures peuvent vivre, grandir et peut-être même fonder une civilisation. Complètement différente de celle que nous connaissons oui, mais essayons, pour une fois de ne plus s’arrêter à nos connaissances… On se sent petit n’est ce pas ? Pensez-y la prochaine fois que vous regarderez le ciel. Quelque part… Là-bas… à des milliers d’années-lumière, il y a peut-être un autre être qui comme vous prend conscience de n’être qu’un grain de sable sur une plage… Et qui se dit que de temps en temps ça ferait du bien aux « grands du monde » de se le rappeler.
« L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger »
Voltaire, Les Cabales

Credit: NASA, ESA, SSC, CXC, and STScI
Commande « ratée »
Parce que j’en suis une et qu’il en faut bien sur ce site, voici un article spécial-geek… sous linux ça va de soi !
Vous savez comme moi que fréquemment, lorsque vous voulez taper la commande « ls » vous vous plantez pour attérir sur un lamentable « sl » Mais aviez-vous déjà remarqué que dans ce cas, le terminal ne vous affichait pas erreur inconnue mais « le programme sl n’est pas encore installé ». Et si on l’installait ?
Allez hop, un petit
sudo apt-get install sl
ou
sudo aptitude install sl
en fonction de ce que vous utilisez.
Maintenant que tout est bien installé, exécutons la commande « sl »…

Au fait… sl comme « Steam locomotive »…
Comment ça ne sert à rien ? Et alors ?
Bonne journée
« J’ai entendu des traces de freins »
Cette phrase sortie au milieu d’une conversation banale a été relevée et notée en citation comique sur le tableau blanc ! C’est vrai qu’il est drôlement doué pour entendre des traces de freins. Et pourtant… Il était peut-être synesthète.
Qu’est ce que c’est que ça ?
La synesthésie est une particularité présente chez certains individus provoquant un « mélange » des sens. Lorsqu’une personne présentant cette particularité est soumise à un stimulus sensitif (ouïe, odorat, toucher, vision ou goût) elle ressentira en même temps une stimulation d’un autre sens. Attention, il ne s’agit pas ici « d’évoquer » une couleur ou une odeur avec une forme quelconque mais de ressentir réellement la stimulation, qu’elle s’impose au conscient sans autre choix que de la subir. Chez un synesthète, les deux stimulations seront toujours associées et l’arrivée de la première provoquera immanquablement l’arrivée de l’autre (la réciproque n’est pas forcément exacte).Il existe différentes formes de synesthésie : par exemple graphème-couleur (associer une couleur à une lettre), odorat-toucher (sensation de froid lorsqu’on respire une odeur particulière), ouïe-vision…
Un petit exemple pour mieux comprendre : Un synesthète graphème-couleur associera une lettre à une couleur, par exemple le M au vert, et toujours et uniquement cette association. En voyant un M il y associera toujours du vert. La description donnée de la couleur vue sera toujours très complète et précise.
« Moscou ? « Gris foncé, avec, par endroits, du vert épinard et un peu de bleu pâle. Peur ? Taché de gris clair, avec des touches de vert clair et de pourpre. Daniel ? D’un pourpre foncé, bleu et rouge, et brillant. » » disait Elizabeth Steward-Jones, artiste-peintre (source : la Recherche)
Et en ce qui me concerne ?
Alors êtes-vous synesthète ? Etant donné que ces individus sont soumis à cette association dès leur plus tendre enfance, ils sont habitués à ces sensations « parallèles », et, de ce fait, beaucoup de synesthètes s’ignorent. Il existe des moyens de savoir si vous présentez cette particularité, notamment le site www.synesthete.org, qui propose un petit questionnaire pour détecter si vous êtes synesthète. Si c’est le cas, il vous propose de vous inscrire afin que les chercheurs puissent vous contacter si vous l’acceptez, pour mieux comprendre cette particularité.
En effet, depuis toujours, la science s’accorde pour dire que nos cinq sens sont totalement distincts et traités de façon indépendante dans notre cerveau. Or, la synesthésie semble contredire cette affirmation.
Je suis buggé alors…
La synesthésie ne serais-ce alors qu’une « anomalie » présente chez certains ? Pas forcément. Une expérience menée par Jamy Ward, Docteur en psychologie et spécialiste des sciences cognitives, tendrait à prouver que cette caractéristique est latente chez chacun d’entre nous, et plus développée chez certains.
Pour les besoins de son expérience, il a demandé à des personnes synesthètes ouïe-vision de représenter les images que leur inspirait l’écoute d’un morceau de musique. Il a ensuite transformé ces dessins de nombreuses façons (inversion, rotation, déplacement…) et a ensuite proposé les deux versions à des volontaires choisis au hasard. Chacun devait choisir, en écoutant le même morceau, quel dessin il y associait. Dans 70% des cas, l’image associée était celle dessinée par le synesthète.
Alors ? Synesthésie : expérience, particularité au même titre qu’être gaucher ?
La question est ouverte, le débat est lancé. Les expériences continuent, avec à la clé peut-être une modification de notre façon de « penser nos sens ».
« Les parfums, les couleurs et le sons se répondent. » Charles Baudelaire, Correspondances