Archive pour octobre 2009
Time eaters
Vous savez ce qu’est un « Time eater » ? Comme son nom l’indique, il s’agit de BD, d’histoires ou de jeux, le plus souvent humoristiques, qui nous bouffent du temps mais qui sont absolument irrésistibles. J’ai donc dressé une petite liste de mes Time Eaters Internet préférés.
Dans la catégorie BD :
User friendly :
une mini-BD par jour depuis novembre 1997… Je n’ai découvert ce site que cette année et je n’ai pas encore réussi à tout rattrapper.Ici, vous suivrez les blagues d’un groupe de codeurs d’un fournisseur d’accès Internet. Non geek, s’abstenir ! Une BD vraiment très sympa, très drôle dans l’ensemble. Petit négatif : certains jours se « suivent » au niveau de l’histoire, et la « saga » racontée n’est pas toujours très drôle. Mais on revient rapidement sur des histoires plus isolées (bien que le tout s’inscrive dans une grande Histoire). Personnellement, il m’est arrivé de pleurer de rire devant l’une de ces BD. Mention spéciale pour Erwin et Little Puppy.
En anglais
xkcd :
Qui ne connait pas xkcd ? Voilà un incontournable qu’on ne présente plus. Pas de dessins très compliqués (des petits bonhommes filiformes comme on faisait dans nos cahiers) mais un humour désopilant. Sciences (pas mal), Amour, Geek-attitude, un petit peu de tout là dedans. Mis à jour le lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine. (D’ailleurs, si quelqu’un sait pourquoi les lettres « xkcd » je suis intéressée…).
En anglais.
phdcomics :
Ici, ce sont l’équivalent des thésards français que l’on suit, leurs déboires avec leurs professeurs, leurs interrogations sur leur travail… Dessins soignés (et en couleurs), blagues sympa et souvent ironiques. Les mises à jour ne sont malheureusement pas régulières.
La Bande Pas Dessinée :
Voilà la dernière Bande dessinée que j’ai découverte. Le principe est simple, comme son nom l’indique, c’est une BD sans dessins… Que des bulles. Assez tourné vers le « politiquement incorrect » ce n’est pas mon préféré des Time Eaters, mais je débute seulement. Mon avis viendra peut-être à changer.
En français
Dans la catégorie jeux :
Deux nominés dans cette catégorie (merci aux Thésards de mon ancienne équipe de stage de me les avoir fait découvrir)
Robozzle :
Ou comment « apprendre à programmer en s’amusant » (copyright Nico). Robozzle est un jeu où vous devrez résoudre divers niveaux en faisant attraper toutes les étoiles à un petit robot, ceci grâce à une combinaison de mouvements simples (avancer, tourner à gauche…). Ce jeu est à peu près abordable par tous pour ses premiers niveaux (essentiellement de logique et de réflexion), mais à partir d’un certain temps, vous avez intérêt à vous renseigner sur le fonctionnement de la pile en programmation pour résoudre le reste. Attention, très très addictif.
Nécessite Silverlight pour pouvoir jouer à la version complète. Je suis en train de trouver un moyen de le faire fonctionner sous Moonlight (équivalent pour Linux)
Fantastic contraption :
Un autre jeu avec des niveaux à résoudre, mais cette fois c’est votre esprit de construction et de mécanique qui est mis à l’épreuve. Un moteur physique vraiment bien fait vous permet de contruire des tas de machines (mode bidouille) pour faire rentrer le cerle rose dans le carré rose ! L’un des stagiaires de l’équipe sus nommée avait découvert concernant ce jeu « La théorie du bout de bois » : un simple bout de bois peut vous faire passer d’échec à réussite. Les mystères de la mécanique…
Hadopi, le nouveau feuilleton de l’été !
Le verdict est tombé cet après-midi, Hadopi2 a été validée par le Conseil Constitutionnel. J’en profite donc pour faire un petit récapitulatif pour tous ceux qui, comme moi il y a encore quelques jours, entendent tout et n’importe quoi à propos de ce projet de loi sans vraiment comprendre ce qu’il en est et quelles pourraient en être les conséquences.
Je vais me baser dans cet article sur la conférence de Benjamin Bayard, président du FDN (French Data Network) et Alix Cazenave, membre de l’April (Association de Promotion et de défense du Logiciel libre), faite aux journées du Logiciel libre de Lyon.
Tout d’abord, pourquoi Hadopi ?
La loi Hadopi a été proposée pour lutter contre le téléchargement illégal sur Internet. Elle prévoit de punir les internautes qui téléchargent et ceux qui mettent à disposition des ressources illégales sur Internet.
D’après les médias, le débat opposerait les « téléchargeurs » aux maisons de disques que l’on prive de leur financement (si on télécharge on n’achète pas de disque bien sûr!). Certes, ça embête les maisons de disques, mais le véritable problème d’Hadopi n’est pas là. Il concerne la façon de contrôler ce téléchargement, la punition infligée et l’implication d’un tiers.
Commençons par le commencement, le contrôle. Il n’est pas possible de savoir avec certitude qu’un internaute télécharge sans porter atteinte à sa vie privée. Le seul moyen de contrôler est donc de surveiller les paquets téléchargés par cette personne. On suppose ensuite que ces paquets sont des morceaux de films, de musiques téléchargés illégalement. L’internaute est donc présumé coupable de base (alors qu’en France on attache une importance primordiale à la présomption d’innocence !) C’est à lui de prouver qu’il n’a pas téléchargé illégalement !
Cet internaute a donc été accusé de téléchargement, il est donc puni. En plus d’une amende, la loi prévoit une coupure de l’accès à Internet comme punition. Pour comprendre la première censure du Conseil Constitutionel, commençons par rappeler l’un des droits fondamentaux de l’Homme : le droit à l’information et le droit d’informer. L’article 19 de la Déclaration des Droits de l’Homme est en effet le suivant :
« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »
N’importe quel individu a donc le droit d’acceder à l’information et de la répandre sans restriction aucune. Or, Internet est aujourd’hui considéré comme un moyen incontournable d’accès et de diffusion d’information. Retirer cet accès est donc aller à l’encontre de la Déclaration des Droits de l’Homme, et priver celui-ci de l’une de ses libertés fondamentales. Or, cette atteinte ne peut être prononcée que par un juge (comme lorsqu’il s’agit d’envoyer quelqu’un en prison et de le priver alors du droit d’aller et venir librement). Jusque là, une « Haute Autorité » (on ne sait pas qui) pouvait prononcer cette interdiction, ce que n’a pas pu accepter le Conseil Constitutionnel.
Dernière partie, l’implication d’un tiers. En effet, un individu quelconque peut être condamné pour « négligence caractérisée » s’il n’a pas suffisamment protégé son accès Internet, dont quelqu’un d’autre s’en est servi pour télécharger illégalement. Outre que le fait que Monsieur ou Madame X, novices en informatique, n’ont absolument aucune idée de comment protéger efficacement leur accès internet (puisqu’une clé WEP peut être cassée en 4 minutes!), cette implication est totalement exagérée. En effet, la notion de « négligence caractérisée » existe bel et bien en droit, mais dans des cas extrêmes. Prenons l’exemple d’une compagnie de bus qui aurait laissé se dégrader ses véhicules à un point extrême, qui roule tout de même avec, jusqu’au jour où il se produira un accident qui blessera gravement un passager. Cette compagnie pourra être inculpée pour « négligence caractérisée ». Ceci équivaut à de la malveillance passive, et ne peut être prononcée que s’il y a atteinte à des personnes physiques.
Utiliser cette notion de droit pour le téléchargement est totalement abérrant. C’est comme si quelqu’un se faisait voler sa voiture, qu’elle soit utilisée pour le cambriolage d’une bijouterie, que cette personne se faisait arrêter parce qu’elle n’avait pas assez protégé sa voiture !
Voilà donc les points débattus avec tant d’ardeur ces derniers mois. Mais le Conseil Constitutionnel a fini par valider la loi (à part un paragraphe concernant des dommages et intérêts, un peu plus « technique »). Pourquoi ? Parce que dans Hadopi2, seul un juge peut prononcer la coupure de l’accès Internet. Ce n’est donc plus contraire aux libertés fondamentales.
Le gouvernement ne semblant pas vouloir prendre en compte les autres points de débat, la loi sera-t-elle alors adoptée ? Et bien normalement, le Conseil est le dernier passage avant la promulgation de la loi. Mais le « feuilleton Hadopi », comme on aime à l’appeler, dure depuis si longtemps maintenant que ce serait triste qu’il s’arrête maintenant. La chaine continuera-t-elle sa diffusion ? Rendez-vous dans l’avenir pour le savoir. Et même si le texte est adopté, la loi sera-t-elle applicable ? Un juge osera-t-il prononcer la coupure d’Internet sachant qu’aucune preuve tangible ne pourra être fournie ou inculper quelqu’un pour négligence caractérisée ?
A quoi sert une loi si on sait qu’elle ne s’appliquera dans aucun cas ? A amuser les membres du Gouvernement ? Peut-être…
Einstein, s’il vous plait
Un petit article rapide pour un de mes plus grands coups de cœur.
Il y a déjà un certain temps, mon prof et math et collègue de ma mère m’a offert un bouquin « scientifique ». Sur le coup, je pense que j’étais un peu jeune pour comprendre entièrement de quoi il retournait. Et pourtant, j’avais bien aimé. Maintenant que j’ai mûri, je le lis et le relis avec un plaisir accru.
« Einstein, s’il vous plait » est un livre de Jean-Claude Carrière, alliant littérature de qualité et science. Quand une jeune fille met en application l’une des affirmations d’Einstein (l’espace-temps n’existe pas), elle se retrouve face à l’un des plus grands scientifiques que la Terre ait porté. Le maître de la relativité va l’entrainer dans son univers, lui montrant, exposant, expliquant ses découvertes mais aussi ses craintes et ses espoirs les uns après les autres, entrainant en même temps le lecteur dans un monde passé fait d’intelligence et de réflexion.
Un véritable plaisir à lire pour ceux qui aimeraient découvrir un peu plus l’univers d’Albert Einstein.
Mot de la fin pour ce grand Homme :
« Deux choses sont infinies, l’univers et la connerie. Encore, pour l’univers, je ne suis pas sûr! »

Parmi les étoiles
Cette semaine, j’ai réinstallé Ubuntu sur mon PC (depuis le temps que je devais le faire). Et aujourd’hui, en cherchant à installer un plugin C++ pour eclipse, je suis tombée sur une application qui est mon coup de coeur de la journée : Stellarium.
Comme son nom l’indique, Stellarium est une application permettant d’observer les étoiles sur son PC comme si on était en pleine nature.
Alors, mettons tout de suite les choses au clair, non ça ne sert à rien. Et alors ? Pourquoi devrait-on n’installer que des choses utiles. C’est juste beau, et c’est déjà beaucoup. Et puis vous n’avez jamais été frustrés de voir toutes ces étoiles dans le ciel la nuit et d’être incapable de mettre un nom sur les plus brillantes ou de reconnaitre les constellations ? Moi si !
Et bien maintenant j’ai de quoi m’instruire dans le domaine stellaire ! On peut en effet effectuer de nombreux réglages permettant de définir le lieu d’où l’on regarde le ciel, l’heure de la journée, l’affichage des constellations, des nébuleuses, des étoiles filantes, voir les informations d’une étoile… On peut même changer de paysage et se projeter sur la lune ou sur mars pour contempler un beau clair de Terre. Tout ça avec une fluidité parfaite et très agréable (application basée sur OpenGL. Chapeau les programmeurs).
Décidément, je trouve cette application magnifique. Elle existe aussi sur d’autres distributions linux et sous windows ! A tous ceux qui veulent apprendre à regarder correctement le ciel ou juste amateurs de beau, je la conseille. http://www.stellarium.org/
Cela ne vaut pas, bien sûr, une séance d’observation en pleine nature, avec ou sans télescope, mais quand on habite dans une grande ville pleine de lumières, comme moi, et qu’on ne peut pas aller regarder les étoiles en campagne, c’est quand même sympa.
Et puisqu’on est dans la beauté, le mot de la fin pour Les Brown, conférencier et écrivain américain :
« Visez toujours la lune. Même si vous la manquez, vous atterrirez parmi les étoiles »
Déchiré… ou pas !
Allez, journée de lancement, je suis motivée, un deuxième article d’actualité scientifique.
Imaginez… Vous êtes en train de faire le ménage chez vous ou de jardiner (messieurs aussi, ça peut vous concerner ! ou alors imaginez-vous en train de bricoler, rooh! ). Vous portez donc des gants pour ne pas blesser vos mimines, et au milieu de votre activité, ceux-ci se déchirent sur un bout de verre, une épine ou un clou. Et évidemment c’était votre seule paire… Quelle plaie.
Imaginez encore… Au volant de votre voiture flambant neuve, fier, vous allez faire vos courses. Vous vous garez au parking, et en revenant vous vous rendez compte que quelqu’un a bien gentillement frotté son chariot sur l’ensemble de votre aile… Voiture au garage !
Et s’il était possible de réparer ces « objets » seul, qu’ils reviennent à l’état neuf, sans avoir à payer un spécialiste, et ce instantanément ? Le rêve non ? Et bien dans quelques années ce rêve sera peut-être une réalité.
En effet, des chercheurs du centre de recherche d’Arkéma viennent de mettre au point un caoutchouc s’approchant de l’une des propriétés les plus incroyables de la peau humaine (et la plus utile à mon humble avis) : la réparation naturelle. En effet, si l’on déchire ce caoutchouc dit « supramoléculaire » et que l’on remet les deux parties en contact, celles ci se recombinent pour reformer une seule et unique pièce, retrouvant ses propriétés à 100%, et de compléter Manuel Hidalgo, chef de ce projet, « théoriquement une infinité de fois ».
Cette propriété est due au fait que dans cette matière (à base de fibres végétales), les molécules sont plus petites que la moyenne, et « il suffit d’un contact pour les rétablir ».
Les premières applications industrielles de ce caoutchouc devraient sortir courant 2010, tandis que le grand public, lui, devra attendre 2013.
Remise des prix Nobel
Premier article sur Bug Neurone… Je suis émue…
Bon trève de plaisanteries, ouvrons ce site par un peu d’actualité scientifique : la distribution des prix Nobel. En effet, ils ont été décernés la semaine du 5 octobre 2009. Je n’aborderais ici que les prix nobels de physique-chimie et médecine (pardon aux autres).
Tout d’abord, petit rappel sur les prix Nobel. Je me doute que tout le monde en a au moins entendu parler, mais revenons-y un peu. Ces prix ont été baptisés au nom de leur « inventeur » : Alfred Nobel, chimiste et industriel de son état (la Suède). A sa mort en 1896, celui-ci ne lègua rien de sa fortune à ses héritiers, mais demanda la création d’un comité chargé de récompenser chaque année ceux qui auront apporté le plus à l’humanité dans les cinq domaines suivants : la chimie, la physique, la médicine, la paix et la littérature. Ainsi nait la fondation Nobel, qui décernera à présent les prix. Depuis, l’économie a rejoint ces disciplines.
Voyons maintenant les récompensés de cette année.
En chimie, le prix Nobel a été décerné à Venkatraman Ramafrishnan, du MRC Laboratory of Molecular Biology, Thomas Steitz, de l’université de Yale et Ada Yonath du Weizmann Institute of Science. Leurs recherches ont permis d’obtenir une visualisation précise de ribosomes à l’aide de rayons X. Petite définition rapide des ribosomes : ce sont des fragments d’ARN dit ribosomique présents dans les cellules et permettant de synthétiser les protéines en décodant d’autres fragments d’ARN, dits messagers. La visualisation offerte par ces trois prix nobel est si précise qu’elle permet de voir les détails des ribosomes à l’échelle atomique. Ces recherches ont été débutées dans les années 70. C’est dont 30 ans de travaux qui ont été récompensés ici. 30 ans décisifs, mais sans doute pas les derniers.
En physique, le prix Nobel a été divisé entre trois chercheurs égalements. Charles Kao, ancien membre du Standard Telecommunication Laboratories et également pionnier de la fibre optique en a obtenu la moitié. Il a montré qu’en supprimant les corps étrangers et les impuretés présentes dans le verre, celui ci fournit un excellent moyen de propagation de la lumière à haute fréquence. Les deux autres chercheurs, Willard Boyle et George Smith, se partagent le reste du prix. Tout deux originaires du Bell Laboratories, ils ont inventé le CCD : le « charge-coupled deviced », base de l’imagerie digitale. Pour plus d’information sur cette technologie, vous pouvez voir ce lien http://searchstorage.techtarget.com/sDefinition/0,,sid5_gci295633,00.html
Enfin, en médecine, le prix Nobel a également été attribué à trois chercheurs américains (c’est l’année des 3 ?) : Elizabeth Blackburn de l’université de California, Carol Greider de l’université de Médecine Johns Hopkins et Jack Szostak du Massachusetts General Hospital. Ils ont découvert que les telomeres, extrémité des chromosomes, et l’enzyme associée, la telomerase, jouait un rôle important dans l’apparition de cancers. En jouant donc sur cette découverte et surtout en parvenant à inhiber cette enzyme, on pourrait ainsi combattre de nombreuses tumeurs malignes (la plus grave forme de cancer).
Pour finir cet article, notons quand même le prix Nobel de la paix, décerné au nouveau président Américain Barak Obama pour sa vision et son combat actif pour un monde sans armes nucléaires. L’intention est louable, espérons que l’avenir lui donnera raison.

source de l’image : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Nobel