Archive pour la catégorie ‘Actualités’
Aikon
Combien de fois dans des lieux touristiques vous avez eu affaire à un dessinateur vous demandant si vous voulez vous faire tirer le portrait ?
Et bien ces artistes ambulants ont du soucis à se faire, Aikon débarque !
Ai-quoi ?
Aikon est un robot conçu et construit par l’Université de Londre et capable d’effectuer le portrait d’une personne se trouvant en face de lui de façon précise et assez remarquable. Ajoutez à cela un style assez particulier, et voilà un nouvel artiste prêt à être introduit dans tous les grands lieux touristiques.
Ce robot est en réalité un bras articulé, capable de tenir tout type de crayon/stylo, et coiffé d’une caméra afin de visualiser son modèle. Ce bras articulé est dirigé par une intelligence interne, capable de reconnaître les formes qu’elle « voit » et de les reproduire sur le papier. Malheureusement, je n’ai pas réussi à trouver plus d’informations sur cette intelligence. Si quelqu’un a d’autres informations, qu’il n’hésite pas à se manifester.
Ci dessous, quelques dessins de ce dont est capable Aikon.

Portrait par Aikon

Lena, par Aikon

Détails d'un dessin d'Aikon
Impressionnant non ?
Pour le pire et le meilleur
Il est grand, il est bugé, il est bazardique, j’ai nommé : le site voyages-sncf.
Il est grand, il semble rangé, il est à tester, j’ai nommé : le nouveau site de voyages-sncf.
Non non, vous ne rêvez pas, l’un des sites les plus consultés de France mais aussi l’un des plus critiqué (si ce n’est le plus) à cause de son design bazardique, son nombre de bugs incalculable jamais résolus va changer. Une bêta de la nouvelle version de voyage-sncf est dès à présent disponible au test.
Meilleur ? Pire ? Même galère ? Petit tour d’horizon des grands changements…
Le design
Examinons ce qui saute en premier aux yeux lorsqu’on visite un site : le design. Et là, il n’y a à mon sens pas photo, c’est une grande révolution.
Fini les cadres à la Playskool aux bords arrondis pour pas qu’on se blesse dessus, fini les photos et les animations de partout. Retour à un design plus soft, plus épuré, plus « professionnel » et à mon sens beaucoup plus agréable. Les onglets de navigation en haut de page ont été triés sur le volet pour nous donner accès (plus) rapidement à l’information essentielle (franchement, l’onglet France, été… vous vous en serviez beaucoup vous ? ). Train, Vol, Hôtel, Séjour, les concepteurs Web de la SNCF ont enfin appris la notion de « sous-catégorie », qu’ils répartissent plutôt bien dans des menus déroulants.
Le formulaire de recherche reste sensiblement le même, mais passe à une couleur plus neutre. Les cadres colorés tapes-à-l’œil ont également laissé la place à des liens et des descriptions plus softs et plus agréables. De même, plus besoin de chercher pendant 10 minutes dans la page comment accéder à son compte, le lien est enfin visible en haut à droite, comme sur la plupart des pages web normalement constituées (ou à gauche ou sur un menu mais pas perdu au milieu d’un bandeau au milieu d’une page d’accueil)
Enfin, petit détail qui a son importance, le site est centré sur la page (enfin ! c’est pourtant pas bien compliqué et ça fait beaucoup plus fini. )
Côté design donc, je donnerais une note de 8/10. Encore un peu chargé à mon goût (encore beaucoup de pubs quoique moins envahissantes) mais un réel effort d’ergonomie visuelle (vous comprendrez la précision un peu après)

Application métier
Bon, le design c’est bien beau (elle n’était pas volontaire celle là), mais si derrière ça ne marche toujours pas, ça n’apporte pas grand chose. Qu’en est-il donc de ce qu’on appelle la partie métier, c’est à dire le fonctionnement du site derrière l’interface ?
Rien de mieux pour tester que de faire une petite recherche de train. Et là, stupeur et étonnement, après avoir cliqué sur « horaires », je me retrouve sur l’ancien site, l’ancien design, les anciens bugs. Idem pour les vols, les hôtels, les séjours, bref le reste du site. Pour l’instant donc, seule la page d’accueil a eu droit à une cure de jouvence. Absence de note donc pour cette partie, et rendez-vous lors de la mise en service.
Ergonomie générale
Pourquoi donc ai-je précisé ergonomie « visuelle » tout à l’heure ? Parce que l’ergonomie ne se limite pas au visuel sur une page Internet. On l’oublie bien souvent, mais quid des personnes handicapées, mal-voyants par exemple, qui nécessitent des logiciels spéciaux « lisant » une page web pour eux ? Il faut donc faire attention lors de la conception de la page à ce que celle ci soit également « compréhensible » par ces logiciels, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un site très grand public. Donc attention à l’organisation du code. Et là, déception totale. Le code est assez moche, et pas vraiment pensé. Pas de titre dans les liens (rappel : c’est le titre d’un lien qui est lu par les logiciels spécialisés et qui permet donc à une personne de savoir où « cliquer »), une organisation générale du code pas terrible à mon goût, et je ne vous parle même pas de l’absence de commentaires. Certes, ces derniers ne sont d’aucune utilité à l’utilisateur final, mais en tant que développeuse je ne peux que pleurer ce manque (pauvres responsables maintenance…)
Pour ça je donne donc une note de 3/10 (ben oui, y a quand même 2000 lignes de code pour une page d’accueil…)
Allez, pour le plaisir des yeux (ou pas) de nos amis codeurs :

En conclusion…
Être bugé ou ne pas être bugé, telle est la question. Impossible pour l’instant de le savoir (ou du moins je n’ai pas trouvé comment rester sur le nouveau site) donc attendons la mise en service finale (1er juin) pour donner un avis quand au contenu du site. Il n’empêche que l’initiative est excellente. Espérons juste que cette mise en service se passera mieux que la dernière fois (qui, je le rappelle, avait causé un plantage assez monumental.)
Le phishing nouveau est arrivé…
Et il se nomme le « Tabjacking ». Plus sournois, tout aussi dangereux.
Rappel : le phishing
Petit rappel pour tous : le phishing, ou hammeçonnage dans la langue de Molière, est une technique permettant de vous soutirer des renseignements personnels (numéro de compte en banque, mot de passe….) alors que vous pensez vous adresser à une personne/organisation digne de confiance. Par exemple, vous recevez un mail de la part de votre banque vous disant qu’elle a mis à jour son site de banque en ligne et que vous devez aller vous connecter à votre compte pour pouvoir mettre en place cette mise à jour. Confiant, vous cliquez sur le lien fourni dans le mail, qui généralement diffère du lien original de votre banque d’un ou deux caractères, tombez sur une page tout à fait semblable à celle de votre banque, et renseignez gentilment votre indicatif, votre numéro de compte et votre mot de passe, et hop le tour est joué. Ceux-ci sont enregistrés dans une base de donnée et sont prêt à resservir au profit des « pêcheurs ».
Et le Tabjacking, ça marche comment ?
Même but : récupérer des données personnelles.
Même principe : un faux formulaire à remplir qui enregistre vos données.
Mode de diffusion différent. Tout d’abord plus de mails de votre banque/assurance/boîte quelconque, et aucune modification dans le lien de la page sur lequel vous vous trouvez : l’adresse est exactement celle où vous devriez être. En revanche la page est complètement différente.
Comment cela est possible ? Tout ce qu’il y a de plus simple (ou presque) : une fonctionnalité de javascript permet en effet de charger une page quelconque sans aucune modification d’adresse et donc de façon totalement transparente pour l’utilisateur. Vous vous baladez donc gentiment sur Internet, mais une page tout à fait banale incorpore un script malveillant qui modifie un onglet non actif pour y charger une page de Tabjacking en quelques secondes. En cliquant sur ce onglet pour lire le contenu de la page, vous vous retrouvez donc devant un formulaire et hop, identifiants récupérés. Cette méthode ne semble toucher que les navigateurs Firefox (sauf bêtas récentes) et Chrome.
Pas de panique néanmoins, cette nouvelle « technique » n’est pour l’instant qu’un Proof Of Concept (une simple « démonstration » comme quoi c’est faisable) et ne frappe pas encore les internautes. On peut toutefois parier que de nombreux pirates essayeront dans les semaines/mois à venir de mettre en place de tels scripts.
Mais si c’est transparent, que faire ?
Pour s’en protéger ? Première technique : la prudence. On ne le répètera jamais assez, Internet et un monde dangereux dans lequel il faut être prudent. Par conséquent, lorsque vous voulez vous connecter à un site quelconque et y rentrer des identifiants, n’utilisez pas un de vos derniers onglets mais ouvrez-en un nouveau dans lequel vous taperez l’adresse à visiter. Si vous constatez un comportement étrange d’un de vos onglets comme une demande de reconnexion que vous avez déjà faite, fermez l’onglet et ré-ouvrez en un.
Enfin, certains logiciels tels que NoScript pour firefox permettent de bloquer les scripts présents dans une pages Internet. Attention toutefois, ces logiciels ne protègent jamais totalement et bloquent aussi les scripts « gentils » nécessaires au bon fonctionnement de certaines pages Internet.
Enfin, si vraiment vous avez trop peur, changez de navigateur pour Opera, Safari pour les Maceux… attention, rien ne prouve cependant que le Tabjacking ne va pas toucher un jour l’ensemble des navigateurs Internet.
Si vous avez d’autres idées pour se protéger, n’hésitez pas à poster un commentaire.
Mais que ce soit Tabjacking ou autre, je me répète : « Prudence est mère de sûreté », surtout dans un monde où tout est accessible à tous comme celui d’Internet.
« Pour agir avec prudence, il faut savoir écouter »Sophocle, Oedipe à Colone
Retour au pigeons voyageurs
Grande annonce sur le site web de LDLC aujourd’hui : la mise en place d’un « nouveau » système de livraison (pas si nouveau que ça d’ailleurs…) :
Pour plus d’informations, vous pouvez acceder directement au site en cliquant ici :
http://www.ldlc.com/fr/fr/n697/
Joyeux 1er avril !
Infos en Vrac
Un petit article fourre-tout pour des curiosités-performances trop « petites » pour mériter un article complet mais qui méritent quand même d’être relevées.
Mindstorms vs rubik’s cube
Vous connaissez les legos mindstorms ? Ces petites « bêtes » montable et entièrement programmables pour créer vos propres robots ? Et bien des gens ont eu l’idée d’en créer un « solveur » de rubik’s cube 3×3. Le petit cube multicolor ne résiste par à l’intelligence artificielle puisqu’il est resolu en moins de 12 secondes !
Sachant que le record officiel est détenu par un néerlandais, en 7,08 secondes, la machine ne dépasse pas encore l’homme !
De nouvelles consignes en cas d’incendie
Nouvelles technologies, nouveau monde. Nouveau monde, nouvelles consignes. Désormais en cas d’incendie, en plus de prévenir les pompiers, fermer les fenêtres, sortir dans le calme, ne pas prendre les ascenseurs… vous ne devrez pas utiliser Twitter…

Non mais où va le monde ?
Source : Le journal du geek
Le premier journal en 3D
Le 9 mars, la Belgique vendait pour la première fois en europe son journal en 3D. L’ensemble des photos imprimées sur le journal l’étaient donc en 3D et la paire de lunettes était fournie avec. Il a tout de même fallu deux mois pour pouvoir réaliser cette éditions. Les nouvelles sont-elles toujours de dernière fraicheur ? Gadget, coup de pub ou véritable révolution du journal papier ? A voir…
Le nouveau métier de Barbie
Un petit post (inutile) pour féliciter la montée en puissance des informaticiens (geeks).
En effet, un sondage a été réalisé en ce début d’année pour choisir le nouveau métier de la poupée la plus connue au monde j’ai nommé Barbie !
Le choix était dur… elle pouvait être environnementaliste, médecin, architecte, journaliste ou… ingénieur informatique. Et bien les petites filles/vieux geeks ont choisi : elle sera ingénieur informaticienne.
Voilà qu’elle va se promener avec des T-shirt ornés de souris et de claviers, des lunettes roses et un ordinateur rose (c’est Barbie quand même!) sous le bras et une oreillette bleue.Je l’imagine tellement dire à son copain sur la plage (ben oui, lui il est toujours surfeur!) « C’est trop lumineux ici, je retourne devant mon ordinateur décompiler mon kernel ». Il va falloir réécrire « Le fiancé de la geekette » (chanson originale « La fiancée du geek » disponible ici : http://www.lelombrik.net/sons/5809/la-fiancee-du-geek.html« ). J’imagine aussi Barbie en train de chanter « ingénieur informaticienne, je suiiiis ingénieur informaticieeenne ! J’aimeuh les ordinateurseuh ! Windows 98888euh ! » (Windows 7 maintenant. Et pour ceux qui ne connaissent pas, visionnage ici : http://www.youtube.com/watch?v=ZdEcyk5G80s, un autre genre !)
Cela dit, sacré différence de culture entre les deux. Il va falloir qu’elle se trouve un petit geek maintenant.
Niveau réaliste, par contre, à revoir ! Personnellement le PC rose avec un écran bleu dégradé rempli de 0111011001, j’attends de voir. Quoique, à quand l’OS « spécial Barbie » ? Totalement inutile rose et bleu…
Alors, Barbie geekette sexy ? Personnellement je trouve qu’elle ressemble plus à une secrétaire de hotline chargée de lire sa feuille d’instructions dès que madame Michu a débranché sa prise de PC… Toute animosité mise à part…

Le feuilleton de l’année, Hadopi épisodes 4 et 5
Résumé des épisodes précédents : Le gouvernement a enfin réussi à faire adopter son projet de loin contre le téléchargement illégal. Mais loin d’être au bout de ses peines, le pauvre Hadopi va encore devoir faire face à de nombreuses embuches.
Épisode 4 :
L’histoire continue. Le logo adopté pour cette Haute Autorité s’avère être une erreur avait été écarté dès les premières vérifications. Pourtant, il a été présenté comme le logo officiel. Simple couac sans importance ? Atteinte au droit d’auteur plutôt… En effet, ce graphisme utilise une police de caractères particulière, le Bienvenue, créée exclusivement pour France Télécom. Haute Autorité pour la protection de quoi déjà ?
Épisode 5 :
Hadopi a réussi à publier son logo officiel après de longues pérégrinations sans soucis d’atteinte au droit d’auteur. Il s’agit à présent pour l’Autorité de faire déposer sa marque. Oui mais… un particulier, Renaud Veeckman, a déposé une marque appelée Hadopi, destinée à un… site de téléchargement ! Quelle ironie pour le gouvernement qui se voit encore affublé d’une histoire dont il se serait bien passé. Cependant, il ne semble pas que celui ci doivent changer son nom. En effet, la demande effectuée par le particulier ne correspond pas aux critères requis pour le dépôt d’une marque à l’INPI (elle ne présente aucune utilisation commerciale). Et quand bien même, le gouvernement pourrait contrer Renaud Veeckman pour « atteinte à l’ordre public ». Le futur nom Hadopi était en effet connu bien avant le dépôt de la marque.
Un petit plaisantin qui a voulu mettre des bâtons dans les roues du gouvernement.
A suivre…
Toujours est-il que le gouvernement nous aura bien fait rire ces derniers temps… Espérons que ça continue. (ou pas ! )
Le nouveau pari de Google
Depuis maintenant presque un an, Google exploite son nouveau navigateur web : Chrome. Celui ci a d’ores et déjà été adopté par plus de 30 millions d’internautes. Aujourd’hui, non contente de cette première réussite et après le succès également rencontré par Android, son système d’exploitation pour l’embarqué, la multinationale américaine décide de jouer encore plus haut : elle a annoncé en juillet 2009 le lancement de son premier système d’exploitation pour pc portable : Chrome OS.
C’est quoi ?
Tout d’abord, petite vue globale. Chrome OS est donc, comme son nom l’indique un système d’exploitation basé entre autre sur le navigateur Chrome à destination des NetBooks, ces « micro-pc » nécessitant un OS plus léger que la normale (eeepcs et autre). Le code sera donc bien évidemment Open Source (on parle de Google quand même !) et les premiers ordinateurs disposant de ce système devraient être lancés sur le marché d’ici mi-2010.
D’un point de vue technique, Chrome OS est basé sur un noyau Linux allégé pour pouvoir tourner sur des NetBooks. Tout dans cet OS tournera autour de la technologie Web et du navigateur Chrome. Il donne accès à des services web simples tels que du traitement de texte, visualisation de vidéos… Toutes ces fonctionnalités utilisent bien évidemment les différentes applications Google (Google Documents, Google video…).
Comme pour toutes ses applications, Google a basé Chrome OS sur trois valeurs essentielles aux yeux de la compagnie : Rapiditié, Simplicité, Sécurité (RSS, vous connaissez ? ). En terme de performance, Google Chrome démarrerait en 7 secondes chrono (là où un Windows en met 30 dans le meilleur des cas, à moins d’utiliser une bête de course en guise d’ordinateur)
Pour ceux qui seraient intéressés, le code source de Chrome OS a été publié par Google et est disponible sur Internet. Pour le tester sur machine virtuelle, c’est ici, pour créer une clé bootable de Chrome Os, c’est par là.
Bon, et où est la nouveauté ?
En soi, nulle part. Il faut bien l’avouer, un OS light pour netBooks, ce n’est pas révolutionnaire, Windows et les différentes distributions Linux ayant déjà allégé leurs OS dans cette optique.De plus, Chrome OS ne sera pas beaucoup plus qu’un navigateur internet modifié pour tourner seul.
Vous me demanderez alors : pourquoi l’utiliser ? Qu’est ce qui fait que ce truc sera meilleur qu’un autre ?
Réponse : Parce que c’est Google !
Soyons sérieux (et évitons les troll). Google n’a jamais vraiment cherché à innover, il a toujours cherché à améliorer ! La plus grande force de Google (à mon humble avis) est sa capacité à offrir des outils performants, variés, ergonomiques, tout cela accompagné d’une qualité de service indéniable, tout cela gratuitement. La boîte mail en ligne existe déjà ? Qu’importe, Google lance Gmail et offre une capacité de stockage gigantesque, des fonctionnalités bien appréciables.
Il n’y a plus qu’à espérer que Chrome OS ne fasse pas exception à la règle. Réponse fin 2010…
Pour suivre l’actualité de Google, rendez-vous sur le blog officiel de Google.
Pluie d’étoiles
Une petite brève pour vous dire de vous préparer à veiller la nuit du 17 au 18 novembre. En effet, cette année, comme tous les ans, la Terre coupe l’orbite d’une ancienne comète, la 55P/Tempel-tuttle, emplissant notre ciel d’une pluie d’étoiles filantes.
Le maximum d’activité devrait se produire entre 22h et minuit heure française, avec en prévision 100 à 300 météores par heure, soit une toutes les 10 à 30 secondes !
Alors préparez vos yeux pour un spectacle rare et enchanteur.

pluie de Léonides
Hadopi, le nouveau feuilleton de l’été !
Le verdict est tombé cet après-midi, Hadopi2 a été validée par le Conseil Constitutionnel. J’en profite donc pour faire un petit récapitulatif pour tous ceux qui, comme moi il y a encore quelques jours, entendent tout et n’importe quoi à propos de ce projet de loi sans vraiment comprendre ce qu’il en est et quelles pourraient en être les conséquences.
Je vais me baser dans cet article sur la conférence de Benjamin Bayard, président du FDN (French Data Network) et Alix Cazenave, membre de l’April (Association de Promotion et de défense du Logiciel libre), faite aux journées du Logiciel libre de Lyon.
Tout d’abord, pourquoi Hadopi ?
La loi Hadopi a été proposée pour lutter contre le téléchargement illégal sur Internet. Elle prévoit de punir les internautes qui téléchargent et ceux qui mettent à disposition des ressources illégales sur Internet.
D’après les médias, le débat opposerait les « téléchargeurs » aux maisons de disques que l’on prive de leur financement (si on télécharge on n’achète pas de disque bien sûr!). Certes, ça embête les maisons de disques, mais le véritable problème d’Hadopi n’est pas là. Il concerne la façon de contrôler ce téléchargement, la punition infligée et l’implication d’un tiers.
Commençons par le commencement, le contrôle. Il n’est pas possible de savoir avec certitude qu’un internaute télécharge sans porter atteinte à sa vie privée. Le seul moyen de contrôler est donc de surveiller les paquets téléchargés par cette personne. On suppose ensuite que ces paquets sont des morceaux de films, de musiques téléchargés illégalement. L’internaute est donc présumé coupable de base (alors qu’en France on attache une importance primordiale à la présomption d’innocence !) C’est à lui de prouver qu’il n’a pas téléchargé illégalement !
Cet internaute a donc été accusé de téléchargement, il est donc puni. En plus d’une amende, la loi prévoit une coupure de l’accès à Internet comme punition. Pour comprendre la première censure du Conseil Constitutionel, commençons par rappeler l’un des droits fondamentaux de l’Homme : le droit à l’information et le droit d’informer. L’article 19 de la Déclaration des Droits de l’Homme est en effet le suivant :
« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »
N’importe quel individu a donc le droit d’acceder à l’information et de la répandre sans restriction aucune. Or, Internet est aujourd’hui considéré comme un moyen incontournable d’accès et de diffusion d’information. Retirer cet accès est donc aller à l’encontre de la Déclaration des Droits de l’Homme, et priver celui-ci de l’une de ses libertés fondamentales. Or, cette atteinte ne peut être prononcée que par un juge (comme lorsqu’il s’agit d’envoyer quelqu’un en prison et de le priver alors du droit d’aller et venir librement). Jusque là, une « Haute Autorité » (on ne sait pas qui) pouvait prononcer cette interdiction, ce que n’a pas pu accepter le Conseil Constitutionnel.
Dernière partie, l’implication d’un tiers. En effet, un individu quelconque peut être condamné pour « négligence caractérisée » s’il n’a pas suffisamment protégé son accès Internet, dont quelqu’un d’autre s’en est servi pour télécharger illégalement. Outre que le fait que Monsieur ou Madame X, novices en informatique, n’ont absolument aucune idée de comment protéger efficacement leur accès internet (puisqu’une clé WEP peut être cassée en 4 minutes!), cette implication est totalement exagérée. En effet, la notion de « négligence caractérisée » existe bel et bien en droit, mais dans des cas extrêmes. Prenons l’exemple d’une compagnie de bus qui aurait laissé se dégrader ses véhicules à un point extrême, qui roule tout de même avec, jusqu’au jour où il se produira un accident qui blessera gravement un passager. Cette compagnie pourra être inculpée pour « négligence caractérisée ». Ceci équivaut à de la malveillance passive, et ne peut être prononcée que s’il y a atteinte à des personnes physiques.
Utiliser cette notion de droit pour le téléchargement est totalement abérrant. C’est comme si quelqu’un se faisait voler sa voiture, qu’elle soit utilisée pour le cambriolage d’une bijouterie, que cette personne se faisait arrêter parce qu’elle n’avait pas assez protégé sa voiture !
Voilà donc les points débattus avec tant d’ardeur ces derniers mois. Mais le Conseil Constitutionnel a fini par valider la loi (à part un paragraphe concernant des dommages et intérêts, un peu plus « technique »). Pourquoi ? Parce que dans Hadopi2, seul un juge peut prononcer la coupure de l’accès Internet. Ce n’est donc plus contraire aux libertés fondamentales.
Le gouvernement ne semblant pas vouloir prendre en compte les autres points de débat, la loi sera-t-elle alors adoptée ? Et bien normalement, le Conseil est le dernier passage avant la promulgation de la loi. Mais le « feuilleton Hadopi », comme on aime à l’appeler, dure depuis si longtemps maintenant que ce serait triste qu’il s’arrête maintenant. La chaine continuera-t-elle sa diffusion ? Rendez-vous dans l’avenir pour le savoir. Et même si le texte est adopté, la loi sera-t-elle applicable ? Un juge osera-t-il prononcer la coupure d’Internet sachant qu’aucune preuve tangible ne pourra être fournie ou inculper quelqu’un pour négligence caractérisée ?
A quoi sert une loi si on sait qu’elle ne s’appliquera dans aucun cas ? A amuser les membres du Gouvernement ? Peut-être…