Archive pour la catégorie ‘Sciences diverses’
Notre vie, la seule ?
« Je suis persuadé qu’il n’y a pas de vie ailleurs que sur Terre ».
Telle était la réponse de Philippe Marlière, docteur en biochimie et spécialiste de l’évolution dirigée des micro-organismes, à la question de Science et Vie : « De quoi êtes-vous sûr sans qu’il soit possible de le démontrer ? » (n°1105, octobre 2009). Et il n’est pas le seul. Nombre de scientifiques ont dit « il ne peut pas y avoir de vie sur telle ou telle planète ! Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’atmosphère/trop de méthane/pas assez d’azote »… J’en passe et des meilleures.
Alors non, aucun être vivant sur Terre ne pourrait vivre sur cette autre planète. Mais n’est ce pas un peu simple de réduire la Vie à « ce qui ressemble à ce qu’on connait » ?
Commençons par le début… Qu’est ce que la Vie ? On ne va bien sûr pas tenter de répondre à cette question, sur laquelle butent les philosophes depuis des centaines d’années en 10 minutes. Mais prenons juste la définition du dictionnaire.
D’après le Larousse, la vie c’est le « Caractère propre aux êtres possédant des structures complexes (macromolécules, cellules, organes, tissus), capables de résister aux diverses causes de changement, aptes à renouveler, par assimilation, leurs éléments constitutifs (atomes, petites molécules), à croître et à se reproduire. »
Résumons donc : être vivant c’est être capable de croitre et de se reproduire. En effet, sur Terre, tous les êtres vivants connus ne peuvent répondre à ces caractéristiques que dans certaines conditions très particulières (on est fragiles sur Terre quand même…). Il est vrai que statistiquement parlant, la probabilité que l’ensemble des éléments ayant conduit à l’apparition de la vie sur Terre se reproduisent pour faire apparaître la vie sur une autre planète est particulièrement faible. Si faible qu’il est presque inconcevable qu’une vie semblable à la notre existe sur une autre planète.
Oui mais… « Semblable à la notre »… Semblable à notre façon de croitre et de nous reproduire… Pourquoi ne pourrait-il pas en exister d’autre ? On connait donc si bien l’Univers pour être capable de dire que nous sommes les seuls à vivre ? Ou l’Homme est-il si prétentieux qu’il soit persuadé d’être le seul ? Est-ce un reste des vieilles croyance comme quoi il est au centre de l’Univers ?
Et si on apprenait à réviser nos croyances, à revoir notre façon de penser. Est-il si difficile d’imaginer que quelque part dans cette immensité, d’autres créatures peuvent vivre, grandir et peut-être même fonder une civilisation. Complètement différente de celle que nous connaissons oui, mais essayons, pour une fois de ne plus s’arrêter à nos connaissances… On se sent petit n’est ce pas ? Pensez-y la prochaine fois que vous regarderez le ciel. Quelque part… Là-bas… à des milliers d’années-lumière, il y a peut-être un autre être qui comme vous prend conscience de n’être qu’un grain de sable sur une plage… Et qui se dit que de temps en temps ça ferait du bien aux « grands du monde » de se le rappeler.
« L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger »
Voltaire, Les Cabales

Credit: NASA, ESA, SSC, CXC, and STScI
« J’ai entendu des traces de freins »
Cette phrase sortie au milieu d’une conversation banale a été relevée et notée en citation comique sur le tableau blanc ! C’est vrai qu’il est drôlement doué pour entendre des traces de freins. Et pourtant… Il était peut-être synesthète.
Qu’est ce que c’est que ça ?
La synesthésie est une particularité présente chez certains individus provoquant un « mélange » des sens. Lorsqu’une personne présentant cette particularité est soumise à un stimulus sensitif (ouïe, odorat, toucher, vision ou goût) elle ressentira en même temps une stimulation d’un autre sens. Attention, il ne s’agit pas ici « d’évoquer » une couleur ou une odeur avec une forme quelconque mais de ressentir réellement la stimulation, qu’elle s’impose au conscient sans autre choix que de la subir. Chez un synesthète, les deux stimulations seront toujours associées et l’arrivée de la première provoquera immanquablement l’arrivée de l’autre (la réciproque n’est pas forcément exacte).Il existe différentes formes de synesthésie : par exemple graphème-couleur (associer une couleur à une lettre), odorat-toucher (sensation de froid lorsqu’on respire une odeur particulière), ouïe-vision…
Un petit exemple pour mieux comprendre : Un synesthète graphème-couleur associera une lettre à une couleur, par exemple le M au vert, et toujours et uniquement cette association. En voyant un M il y associera toujours du vert. La description donnée de la couleur vue sera toujours très complète et précise.
« Moscou ? « Gris foncé, avec, par endroits, du vert épinard et un peu de bleu pâle. Peur ? Taché de gris clair, avec des touches de vert clair et de pourpre. Daniel ? D’un pourpre foncé, bleu et rouge, et brillant. » » disait Elizabeth Steward-Jones, artiste-peintre (source : la Recherche)
Et en ce qui me concerne ?
Alors êtes-vous synesthète ? Etant donné que ces individus sont soumis à cette association dès leur plus tendre enfance, ils sont habitués à ces sensations « parallèles », et, de ce fait, beaucoup de synesthètes s’ignorent. Il existe des moyens de savoir si vous présentez cette particularité, notamment le site www.synesthete.org, qui propose un petit questionnaire pour détecter si vous êtes synesthète. Si c’est le cas, il vous propose de vous inscrire afin que les chercheurs puissent vous contacter si vous l’acceptez, pour mieux comprendre cette particularité.
En effet, depuis toujours, la science s’accorde pour dire que nos cinq sens sont totalement distincts et traités de façon indépendante dans notre cerveau. Or, la synesthésie semble contredire cette affirmation.
Je suis buggé alors…
La synesthésie ne serais-ce alors qu’une « anomalie » présente chez certains ? Pas forcément. Une expérience menée par Jamy Ward, Docteur en psychologie et spécialiste des sciences cognitives, tendrait à prouver que cette caractéristique est latente chez chacun d’entre nous, et plus développée chez certains.
Pour les besoins de son expérience, il a demandé à des personnes synesthètes ouïe-vision de représenter les images que leur inspirait l’écoute d’un morceau de musique. Il a ensuite transformé ces dessins de nombreuses façons (inversion, rotation, déplacement…) et a ensuite proposé les deux versions à des volontaires choisis au hasard. Chacun devait choisir, en écoutant le même morceau, quel dessin il y associait. Dans 70% des cas, l’image associée était celle dessinée par le synesthète.
Alors ? Synesthésie : expérience, particularité au même titre qu’être gaucher ?
La question est ouverte, le débat est lancé. Les expériences continuent, avec à la clé peut-être une modification de notre façon de « penser nos sens ».
« Les parfums, les couleurs et le sons se répondent. » Charles Baudelaire, Correspondances
Déchiré… ou pas !
Allez, journée de lancement, je suis motivée, un deuxième article d’actualité scientifique.
Imaginez… Vous êtes en train de faire le ménage chez vous ou de jardiner (messieurs aussi, ça peut vous concerner ! ou alors imaginez-vous en train de bricoler, rooh! ). Vous portez donc des gants pour ne pas blesser vos mimines, et au milieu de votre activité, ceux-ci se déchirent sur un bout de verre, une épine ou un clou. Et évidemment c’était votre seule paire… Quelle plaie.
Imaginez encore… Au volant de votre voiture flambant neuve, fier, vous allez faire vos courses. Vous vous garez au parking, et en revenant vous vous rendez compte que quelqu’un a bien gentillement frotté son chariot sur l’ensemble de votre aile… Voiture au garage !
Et s’il était possible de réparer ces « objets » seul, qu’ils reviennent à l’état neuf, sans avoir à payer un spécialiste, et ce instantanément ? Le rêve non ? Et bien dans quelques années ce rêve sera peut-être une réalité.
En effet, des chercheurs du centre de recherche d’Arkéma viennent de mettre au point un caoutchouc s’approchant de l’une des propriétés les plus incroyables de la peau humaine (et la plus utile à mon humble avis) : la réparation naturelle. En effet, si l’on déchire ce caoutchouc dit « supramoléculaire » et que l’on remet les deux parties en contact, celles ci se recombinent pour reformer une seule et unique pièce, retrouvant ses propriétés à 100%, et de compléter Manuel Hidalgo, chef de ce projet, « théoriquement une infinité de fois ».
Cette propriété est due au fait que dans cette matière (à base de fibres végétales), les molécules sont plus petites que la moyenne, et « il suffit d’un contact pour les rétablir ».
Les premières applications industrielles de ce caoutchouc devraient sortir courant 2010, tandis que le grand public, lui, devra attendre 2013.
Remise des prix Nobel
Premier article sur Bug Neurone… Je suis émue…
Bon trève de plaisanteries, ouvrons ce site par un peu d’actualité scientifique : la distribution des prix Nobel. En effet, ils ont été décernés la semaine du 5 octobre 2009. Je n’aborderais ici que les prix nobels de physique-chimie et médecine (pardon aux autres).
Tout d’abord, petit rappel sur les prix Nobel. Je me doute que tout le monde en a au moins entendu parler, mais revenons-y un peu. Ces prix ont été baptisés au nom de leur « inventeur » : Alfred Nobel, chimiste et industriel de son état (la Suède). A sa mort en 1896, celui-ci ne lègua rien de sa fortune à ses héritiers, mais demanda la création d’un comité chargé de récompenser chaque année ceux qui auront apporté le plus à l’humanité dans les cinq domaines suivants : la chimie, la physique, la médicine, la paix et la littérature. Ainsi nait la fondation Nobel, qui décernera à présent les prix. Depuis, l’économie a rejoint ces disciplines.
Voyons maintenant les récompensés de cette année.
En chimie, le prix Nobel a été décerné à Venkatraman Ramafrishnan, du MRC Laboratory of Molecular Biology, Thomas Steitz, de l’université de Yale et Ada Yonath du Weizmann Institute of Science. Leurs recherches ont permis d’obtenir une visualisation précise de ribosomes à l’aide de rayons X. Petite définition rapide des ribosomes : ce sont des fragments d’ARN dit ribosomique présents dans les cellules et permettant de synthétiser les protéines en décodant d’autres fragments d’ARN, dits messagers. La visualisation offerte par ces trois prix nobel est si précise qu’elle permet de voir les détails des ribosomes à l’échelle atomique. Ces recherches ont été débutées dans les années 70. C’est dont 30 ans de travaux qui ont été récompensés ici. 30 ans décisifs, mais sans doute pas les derniers.
En physique, le prix Nobel a été divisé entre trois chercheurs égalements. Charles Kao, ancien membre du Standard Telecommunication Laboratories et également pionnier de la fibre optique en a obtenu la moitié. Il a montré qu’en supprimant les corps étrangers et les impuretés présentes dans le verre, celui ci fournit un excellent moyen de propagation de la lumière à haute fréquence. Les deux autres chercheurs, Willard Boyle et George Smith, se partagent le reste du prix. Tout deux originaires du Bell Laboratories, ils ont inventé le CCD : le « charge-coupled deviced », base de l’imagerie digitale. Pour plus d’information sur cette technologie, vous pouvez voir ce lien http://searchstorage.techtarget.com/sDefinition/0,,sid5_gci295633,00.html
Enfin, en médecine, le prix Nobel a également été attribué à trois chercheurs américains (c’est l’année des 3 ?) : Elizabeth Blackburn de l’université de California, Carol Greider de l’université de Médecine Johns Hopkins et Jack Szostak du Massachusetts General Hospital. Ils ont découvert que les telomeres, extrémité des chromosomes, et l’enzyme associée, la telomerase, jouait un rôle important dans l’apparition de cancers. En jouant donc sur cette découverte et surtout en parvenant à inhiber cette enzyme, on pourrait ainsi combattre de nombreuses tumeurs malignes (la plus grave forme de cancer).
Pour finir cet article, notons quand même le prix Nobel de la paix, décerné au nouveau président Américain Barak Obama pour sa vision et son combat actif pour un monde sans armes nucléaires. L’intention est louable, espérons que l’avenir lui donnera raison.

source de l’image : http://fr.wikipedia.org/wiki/Alfred_Nobel