Archive pour la catégorie ‘Coups de gueule’
Ordinateur, je suis ton maître !
L’autre jour j’ai cru que j’allais passer l’imprimante familiale par la fenêtre. Seul un sursaut de bon sens m’a fait réaliser à quel point mes parents seraient tristes (et très certainement furieux) s’ils ne retrouvaient pas leur imprimante. Il n’empêche qu’elle le méritait. Pourquoi ? Je vous explique…
Imaginez une belle imprimante/scanner multi-fonctions, super sophistiquée et tout et tout. Après avoir gentiment réinstallé ses drivers, je veux scanner un document pour vérifier le bon fonctionnement de la bête. Ayant deux boutons sur celle-ci (un bouton menu numérisation, qui en toute logique m’affiche le-dit menu sur le petit écran LCD de l’animal, et un bouton Numériser qui en toute logique me numérise mon document sans se poser de question et me l’affiche sur le PC), je clique donc sur le bouton Numériser et attends que l’opération se fasse.
Et là, stupeur et étonnement, le-dit bouton Numériser m’a envoyé sur le menu de numérisation sur le petit écran LCD d’ l’imprimante… Dans le doute, je clique donc sur l’autre bouton, qui m’envoie sur le même menu. Me voilà donc obligée de passer par le logiciel HP (hyper gourmant en ressources soit dit en passant) pour numériser mon document…
Et cela m’a donc amené à pester le reste de la journée sur la sur-informatisation…
En quoi ça te dérange que ton imprimante te propose un menu ?
Ca me dérange de ne pas pouvoir faire ce que bon me semble de mon appareil ! Et que trop de fonctionnalités tue la fonctionnalité (oui, moi aussi j’en suis fière de celle là… quoique…). Non mais sérieusement, on veut aider les gens avec l’informatique, et en tant qu’informaticienne, je ne suis que totalement d’accord avec cette idée, et avec le fait que dans la plupart des cas ça aide vachement. Sauf qu’il ne faut pas exagérer non plus. Au nom de la sacro-sainte informatique, on en fait vingt fois trop. Qu’est ce qu’il y avait de mal à avoir, comme sur mon ancien scanner, juste un bouton pour numériser, qui ouvrait une application de l’ordinateur avec mon document numérisé ? Ah mais non ! maintenant on fait tout d’un coup, à un point que tu n’as même plus besoin de passer par ton PC pour copier ta feuille. Et si moi je n’ai pas envie de suivre le schéma classique de numérisation ? Et bien je ne peux pas. Ou alors en contournant le problème et en demandant la numérisation directement depuis le logiciel…
Bah, faut pas râler, c’est qu’un petit contournement. Et tu t’en es bien sortie !
Si seulement ce n’était qu’un petit contournement. Mais plus l’informatique avance et plus c’est courant. Autrefois, on avait un bouton qui faisait une action, un autre bouton qui faisait une autre action et ainsi de suite. On construisait donc nous même notre chaîne d’utilisation. Et maintenant, à force de vouloir rendre les composants « intelligents » et de vouloir prédire le comportement des utilisateurs, on créé des chaînes génériques chargées de faire tout le boulot à la place de l’utilisateur. Et le jour où cet utilisateur ne veut pas que le boulot soit effectué de cette façon ? Il faut qu’il trouve le bon bouton qui réalisera la chaîne la moins « complète » pour pouvoir la compléter à sa manière ou alors « contourner » le système pour obtenir ce qu’il veut.
Et on me dit que celui qui veut sortir des sentiers battus a les compétences pour contourner ces chaînes et que du coup ce n’est pas ça qui devrait le gêner. Ah bon ? Je suis la seule à vouloir faire des manipulations particulières avec mon PC et qui n’a pas forcément TOUTES les compétences pour ? Oh, je ne parle pas de manip de geeks sur le noyau, en lignes de commandes ou autre. Mais tout simple : par exemple, un autre problème que j’ai rencontré sur Excel 2007. Avec les anciens, pour construire un graphique, on sélectionnait nos cellules, on choisissait le type de graphique, on lui rajoutait manuellement un titre, un légende… Maintenant, on sélectionne les cellules, on clique sur « Ajouter un graphique » on sélectionne le type de graphique et pouf, tout est fait automatiquement ! C’est merveilleux. Sauf que ma légende n’a absolument pas les étiquettes que je souhaitais lui mettre, le titre n’est pas celui que je voulais, et impossible de trouver comment changer ça. Car oui, si en plus les bypass étaient simples à trouver, ça serait moins drôle.
Sous prétexte de vouloir aider les utilisateurs, on les prends non seulement pour des cons, mais en plus on les empêche de faire les manipulations qu’ils veulent, et de ce fait, on les empêche d’apprendre à se servir correctement de l’informatique et donc d’être capable de se débrouiller si le fonctionnement change un peu. A force d’être conduits par le GPS sans avoir besoin de réfléchir, le jour où il tombe en panne, vous n’êtes plus capables de lire une carte papier pour vous créer un nouveau chemin vous-même.
Maître de sa machine, vraiment ?
L’informatique c’est bien. Si je ne le pensais pas, je ne ferais pas ce métier. Mais il ne faut pas non plus oublier qu’au dessus de l’Informatique, au dessus de la Science même, il y a l’Homme (merci Blake&Mortimer pour cette jolie phrase! « La Marque Jaune »). Que veut-on vraiment faire ? Aider l’Homme ou l’asservir par les machines ? Mes mots sont peut-être un peu forts, mais est-on encore tous maîtres de nos machines ? J’ai envie de dire ça dépend… (Attention, [mode=PetitTroll])
Sur des systèmes Microsoft et à plus grande échelle, des systèmes appelés « Grand public », j’ai envie de dire non. Le système lui-même nous empêche de faire certaines actions qu’IL juge dangereuse (ou nous met tellement de bâtons dans les roues qu’on finit par abandonner). Et si j’ai envie de crasher mon PC moi ? De Bidouiller justement, pour voir jusqu’où je peux aller ? De quel droit ce petit système de rien du tout se permet de m’empêcher de faire quelque chose. Qu’il me prévienne, je veux bien, une fois, deux fois, jusqu’à trois ok. Mais au delà il ne faut pas exagérer. On me dit que c’est pour être certain que des novices de feront pas crasher leur système en faisant n’importe quoi. Les novices en question, s’ils lisent les messages d’informations (ce que je pense qu’ils font) et si ces messages sont compréhensibles (ça c’est pas gagné, mais ce n’est pas en mettre 40 qui changera quelque chose), bref, ils devraient s’arrêter avant de faire quelque chose d’irréparable sur leur PC. A force de leur mettre des messages d’avertissement partout pour un rien, c’est sûr qu’ils n’oseront plus rien faire, et par conséquent n’apprendrons rien non plus.
Mais il existe les installations personnalisées pour faire ce que tu veux !
Non mais quelle blague… Vous avez déjà regardé les installations personnalisées ? La plupart du temps, elles te proposent le changement de répertoire d’installation et les langues à installer… Vous appelez ça une installation personnalisée vous ? Après, je reconnais que ce n’est pas évident voire impossible pour les éditeurs de logiciels de proposer des modes d’installation suffisamment complets pour vraiment personnaliser son application. Après, offrir différents niveaux de sécurité, ce n’est quand même pas très compliqué à faire !
Dans le monde du personnalisable, le pingouin est bien évidemment le maître puisqu’il nous permet de faire quasiment toutes les manipulations possibles sur notre machine, de construire nos chaînes d’utilisations avec des petites briques. Peut-être trop petites parfois, il est vrai. Linux nécessiterait un peu plus de messages d’avertissement pour éviter, même aux connaisseurs, de faire trop de bêtises involontaires
Jamais contente celle-là !
Non, c’est vrai, j’ai toujours quelque chose à redire vis à vis de l’informatique. Mais s’il y a une philosophie que je ne supporte pas, c’est que la machine fasse tout le travail à la place de l’Homme. J’estime que ce n’est pas son rôle, sans quoi elle finira pas l’asservir et l’empêcher de réfléchir. Ce n’est pas parce que l’informatique est là pour nous épauler qu’on ne doit plus garder les pieds sur terre et mettre son cerveau en mode Off.
Bienvenue dans l’ère des réseaux sociaux
A moins que vous n’ayez vécu en ermite ces dernières années, vous n’avez pas pu manquer la montée en puissance de ce qu’on appelle les « réseaux sociaux » sur Internet. Ces sites internet permettant de partager plein de choses avec pleins de gens. Qu’ils soient personnels ou professionnels, ils sont omniprésents. On peut citer comme exemple les plus connu Facebook bien sûr, mais aussi Twitter, Linkedin…
Et voilà que Google s’y met en intégrant dans gmail Google Buzz ! Alors pour moi c’en est trop, j’ai besoin de réagir et de me dire : qu’est ce que c’est qu’un réseau social, qu’est ce que ça apporte ?
Commençons par le début
Tout d’abord, un réseau social c’est quoi ? Quel est son but prioritaire ?
D’après wikipedia,
« Un réseau social est un ensemble d’entités sociales telles que des individus ou des organisations sociales reliées entre elles par des liens créés lors des interactions sociales »Mouais… en français de tous les jours, il s’agit à peu près d’un ensemble d’individus ou d’organisations qui forment un réseau de « connaissances ».
Rien à voir avec Internet au début donc. Mais voilà que de plus en plus de site nous proposent de se « fabriquer » des réseaux sociaux en partageant la vie de diverses personnes. Chacun de ces sites a son propre but, sa propre philosophie.
On peut tout d’abord distinguer Réseaux Sociaux personnels et Réseaux Sociaux professionnels
Réseau sociaux personnels
A quoi servent-il ? Au début, à rester en contact avec des amis éloignés, à partager des photos… Et petit à petit leur champ s’est élargi. On peut maintenant partager son humeur, sa pensée, s’envoyer des « cadeaux virtuels », tout le monde est au courant de sa tendance politique, religieuse, amoureuse, sexuelle… et s’empresse de faire des commentaires au moindre petit changement, au moindre post. On peut « aimer », commenter, partager tout ce que quelqu’un d’autre a partagé avec nous d’un simple clic. Et attention, si on ne met pas que l’on est en couple avec quelqu’un dans son statut Facebook, c’est que ce n’est pas sérieux.
Réseaux sociaux professionels
Dans cette catégorie de réseaux, on peu citer notamment linkedin. Leur but ? Permettre à chacun de se créer un « réseau professionnel » afin de faciliter la communication dans le milieu professionnel (et donc les embauches !).
Le but est bien entendu louable. Est-il atteint ? Peut-être… Personnellement, je ne suis inscrite à aucun de ce type de réseau et ne compte pas m’y inscrire de suite. Je n’ai donc pas d’expérience personnelle pour former mon avis mais uniquement celle de personnes m’entourant. Peu d’entre elles sont inscrites sur ce genre de site, mais les quelques uns des inscrits semblent avoir établi des contacts. Oui, mais quel type de contact ? Un simple coup de téléphone pour demander plus d’informations, voire dans le meilleur des cas pour une proposition de stage ou d’embauche, qui si elle est refusée ne donne pas lieu à de plus amples communications.
Alors pourquoi se tourner vers les réseaux sociaux quand d’autres sites plus « spécialisés » du genre Monster réalisent le même travail et son beaucoup plus fréquentés ?
Qu’y gagne-t-on ?
Bon, vous aurez sans doute remarqué, je suis assez critique sur ma description des réseaux sociaux. Et pourtant je suis inscrite sur l’un d’entre eux et pas le moindre : Facebook. Pourquoi me suis-je inscrite ? Au début pour pouvoir partager des photos et commenter ces photos avec des amis que je ne vois pas souvent. Et puis petit à petit, je me suis un peu prise au jeu et ai commencé à partager des statuts, à m’inscrire sur des groupes que je trouvais amusants… Donc ça peut servir à rester en contact réguliers avec des amis éloignés, à partager ses photos, ses liens, ses souvenirs, tout ça facilement. Le terme de réseau social est finalement pas si mal trouvé pour ça.
Qu’a-t-on à perdre ?
Parce qu’il ne faut pas se leurrer, on a pas mal à y perdre.
Le temps, le temps, le temps et rien d’autre….
Tout d’abord du temps. Combien de temps avons-nous passé sur ce genre de site à regarder le statut de tel ou tel pote, à commenter ses photos, à marquer n’importe quoi sur son « mur », à zyeuter le moindre changement dans sa vie privée, à lui offrir un terrain de ferme à côté de la notre. Moi la première, je me suis souvent dit que je n’avais pas assez de temps pour lire tout ce que je devais lire, pour faire tout ce que je devais faire avant de me rendre compte que je passais beaucoup plus de temps à lire ces conn***** qu’à me renseigner pour les futurs articles de ce blog.
Intimiquoi ?
Je pense que l’un des plus grands changements associés à ces réseaux sociaux vient de la virtualisation et d’une grande perte d’intimité dans tout ce qui fait notre vie. En effet, maintenant on a des « amis » facebook (235 quand même ! Dont 200 avec qui je ne parle quasiment jamais et que je vois encore moins souvent ! Mais ce sont mes « amis »), on a pleins de messages sur son « mur » pour son anniversaire puisque le site se charge de le rappeler à tout le monde (changez la date de votre anniversaire un jour, pour voir quels sont ceux qui vous le souhaiterons un mauvais jour! Fou rire garanti!).
On virtualise aussi ses humeurs, et tout le monde peut commenter pour être content pour nous ou nous souhaiter bon courage.
On n’envoie plus de cartes ou de lettres, un simple message sur Internet suffit ! On ne parle plus non plus, après tout on n’a plus rien à se dire puisque toute notre vie est sur Internet et que tout le monde la suit au jour le jour ! On parle parfois même des sujets les plus sérieux et les plus intimes sur Internet à la vue et au commentaire de tous ! Pourquoi toutes ces polémiques sur les atteintes à la vie privée de la part des professionnels puisque de toute façon toute notre vie privée se trouve sur Facebook ?
Je m’emporte peut-être un peu, mais sincèrement, vous n’avez pas l’impression que l’on y perd beaucoup plus qu’on y gagne ? Que vous viviez tout aussi bien (et même mieux) avec votre papier, votre crayon pour écrire, votre téléphone pour appeler quelqu’un d’éloigné et y rester des heures (ou sur msn et skype si vous ne voulez pas payer !), avec du temps pour lire ou regarder des choses intéressantes plutôt que le nouveau profil d’un « ami » que vous n’avez pas vu depuis 5 ans (voire plus !) et avec qui vous ne parlez pas plus depuis votre « connexion » par Facebook ( « mais si voyons, quand je l’ai demandé en ami on s’est envoyé un MP chacun ! » ).
Mouais, encore une anti-réseau sociaux quoi…
Non ! Je ne suis pas anti-réseaux sociaux ! Je suis pour le développement de ce type de réseaux, car leur but premier est quand même une bonne idée et cela apporte certains avantages. Mais je suis pour un développement mesuré. Plus d’étalage de vie privée, plus de commentaires et d’applications stupides. Gardons le contact mais gardons les pieds sur Terre. Le monde virtuel est grand, ne nous y noyons pas! Ne perdons pas de l’esprit l’essentiel et la réalité du monde. On peut dire et faire dire n’importe quoi caché derrière un PC. La sincérité et l’honnêteté ne sont malheureusement parfois/souvent absentes des écrans d’ordinateurs. Rien de vaut un contact direct, rien de vaut les expressions, rien ne vaut une certaine intimité, rien ne vaut du temps passé à faire des choses intéressantes (et je n’ai pas dit forcément utiles !).
Internet rapproche les êtres humains… Vraiment ? Je me suis éloignée de certaines personnes à cause des réseaux sociaux. Pourquoi ? Parce qu’on ne prenait plus le temps de s’appeler pour prendre des nouvelles puisque c’était instantanée sur Internet. On ne prenait plus de temps l’un pour l’autre parce que c’était si facile de ne pas en prendre. Mais n’est-ce pas la difficulté qui rend tout cela si précieux ?
« Le grand espace éloigne les êtres. On ne vit une intimité complète que dans le cercle restreint d’un lieu aimé »
François Hertel, Six femmes, un homme
L’éducation sur la tête…
Je vais m’écarter un peu du domaine scientifique sur cet article pour pousser un énorme coup de gueule contre l’orientation qu’est en train de suivre le système éducatif français. Je m’explique. Le niveau demandé se dégrade à une vitesse ahurissante, la discipline est de moins en moins respectée, les profs doivent faire de plus en plus de métiers différents et en ont marre.
Détaillons…
Le niveau :
J’ai quitté le lycée il y a un peu plus de quatre ans maintenant (Dieu comme ça passe vite). Je n’avais pas l’impression qu’il puisse se produire autant de changement en un laps de temps aussi court. Et pourtant, j’avais tord… Il y a quelques années, nos professeurs de lycée étaient horrifiés devant un élève incapable d’effectuer une division correctement de tête (ou en la posant si elle était vraiment trop compliquée ^^), aujourd’hui on le remarque seulement, c’est presque normal. Il y a quelques années, une phrase comme « Yesterday I go cinema » était considérée comme une hérésie et nous valait un beau discours animé du prof nous rappelant les règles de grammaire élémentaires, aujourd’hui c’est considéré comme correct car on comprend ce que l’élève a voulu dire (consignes officielles de correction d’épreuves…). A vous qui comme moi avez quitté collège et lycée il y a moins de 10 ans, vous trouvez ça normal d’obtenir une telle dégradation aussi rapidement ? A tous : de tels exemples ne vous choquent-ils pas ?
Alors je me pose une question : comment a-t-on pu en arriver si vite à un tel résultat ? Personnellement, j’ai peut-être quelques éléments de réponse.
Désormais, l’ère est à la compréhension ! Il ne sert absolument à rien d’apprendre par coeur, il faut comprendre ! Si l’élève a compris, il retiendra. Vous avez compris vous que 2+2=4 ? Comment le savez-vous alors ? Parce que vous l’avez appris. Et bien j’estime que c’est le même problème pour certaines autres notions comme les tables de multiplications (la joie des interrogations de la part des parents en plein milieu du repas ! mais merci papa, merci maman, maintenant je les connais ! ) ou certaines règles de grammaire élémentaires. Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : il ne suffit pas d’apprendre bêtement sans jamais chercher à comprendre. Pour certaines notions de bases, il n’y a rien à comprendre, c’est une règle point final. Mais pour d’autres (théorèmes en maths/physique par exemple), bien sûr qu’il faut les comprendre et ne pas retenir bêtement. Mais l’apprentissage de l’énoncé du théorème permet de l’appliquer ensuite avec rigueur. Et voilà le point clé que l’on est à mon avis en train de perdre : la rigueur ! Cette rigueur qui nous faisait énoncer toutes nos variables lors de nos démonstrations, que l’on aurait bien voulu parfois éviter car on ne savait pas comment la satisfaire. Mais cette rigueur qui nous permet à présent, dans notre vie professionnelle, de résoudre un problème qu’on ne connait pas (et dont personne ne nous donnera la solution) et de pouvoir dire « La solution que je propose fonctionne, car elle a été faite avec rigueur. »
Cette même rigueur qui aujourd’hui est ridiculisée ! « Oh ce n’est pas grave si la phrase n’est pas tout à fait correcte. On a bien compris qu’il était allé au cinéma ». « Ce n’est pas grave si son texte est bourré de fautes d’orthographe, on comprend ce qu’il veut dire. »
Et bien non ! Désolée, mais non ! Moi quand je lis une phrase comme ça :
« tragedie c de la bale vou savé ke tragedie tizybonne shai se son rencontré dan le 308 il en a un il a chanté une chanson é lotre a repri lé parole c com sa kil se son conu »
je dois sérieusement me concentrer pour comprendre ce dont il veut parler. Et voilà que j’entends qu’on veut réformer la langue française parce que ces pauvres petits ne sont plus capables d’apprendre quelques mots ? É dan kelk ané ont écri tt com sa ! Permettez-moi de m’éxiler avant !
Cela dit, la baisse (effrayante) du niveau n’est pas le seul problème majeur rencontré par les profs actuels… Je veux à présent parler de la
Discipline :
La discipline est morte, vive les emmerdes ! En un peu plus de 5 ans, que s’est-il passé ? Qu’est-il arrivé à ces charmants bambins pour qu’ils soient aussi insupportables à présent ? Pour qu’ils se comportent d’une façon à laquelle on n’aurait même pas osé penser ?
Une fois dans le bus, j’ai vu quelque chose qui m’a choqué : une enfant de moins de 5 ans qui voulait bouger, et sa mère ne voulait pas. La petite fait un caprice, normal jusque là, mais finit par frapper sa mère de la main. La mère n’a sans doute pas eu mal, mais elle n’a pas bougé. Elle n’a pas grondé sa fille, elle ne lui a même pas fait les gros yeux, rien ! Pas une seule réaction. Après avoir vu ça je ne m’étonne plus vraiment des problèmes de discipline que rencontrent les professeurs (et les parents quand leur enfant arrive en pleine « crise d’adolescence » ! Elle a bon dos la crise d’adolescence !)
Les parents d’aujourd’hui sont-ils conscients que ce n’est pas du rôle des enseignants d’éduquer leurs enfants mais du leur ?
La première solution à ce manque de discipline (et de respect envers les adultes aussi) serait de rappeler aux parents que ce sont à eux de l’inculquer à leurs enfants. Si dès le début, ces petits étaient pris correctement en charge, quitte à se prendre quelques fessées de temps en temps, on n’en serait pas à ce stade arrivé collège/lycée.
Je m’arrêterai à la description de ces deux problèmes majeurs. J’ai poussé mon coup de gueule, ça fait du bien et de toute manière il serait trop long de faire une liste exhaustive de tout ce qui me fait frémir dans l’enseignement actuel. Vous allez peut-être penser que la solution à ces problèmes n’est pas si simple, qu’il y a d’autres problèmes à prendre en compte que je ne connais pas. Et vous n’auriez pas tord. Seulement l’orientation actuelle du gouvernement à ce sujet me fait peur. Des reformes dans tous les sens, des modifications totalement inutiles et ridicules en oubliant peut-être que de temps en temps, une refonte en profondeur des bases vaut mieux que des modifications de surface qui ne tiennent pas. Vous construiriez un gratte-ciel sur des fondations fissurées vous ?
« L’éducation consiste à nous donner des idées, et la bonne éducation à les mettre en proportion » Montesquieu
Notre vie, la seule ?
« Je suis persuadé qu’il n’y a pas de vie ailleurs que sur Terre ».
Telle était la réponse de Philippe Marlière, docteur en biochimie et spécialiste de l’évolution dirigée des micro-organismes, à la question de Science et Vie : « De quoi êtes-vous sûr sans qu’il soit possible de le démontrer ? » (n°1105, octobre 2009). Et il n’est pas le seul. Nombre de scientifiques ont dit « il ne peut pas y avoir de vie sur telle ou telle planète ! Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas d’atmosphère/trop de méthane/pas assez d’azote »… J’en passe et des meilleures.
Alors non, aucun être vivant sur Terre ne pourrait vivre sur cette autre planète. Mais n’est ce pas un peu simple de réduire la Vie à « ce qui ressemble à ce qu’on connait » ?
Commençons par le début… Qu’est ce que la Vie ? On ne va bien sûr pas tenter de répondre à cette question, sur laquelle butent les philosophes depuis des centaines d’années en 10 minutes. Mais prenons juste la définition du dictionnaire.
D’après le Larousse, la vie c’est le « Caractère propre aux êtres possédant des structures complexes (macromolécules, cellules, organes, tissus), capables de résister aux diverses causes de changement, aptes à renouveler, par assimilation, leurs éléments constitutifs (atomes, petites molécules), à croître et à se reproduire. »
Résumons donc : être vivant c’est être capable de croitre et de se reproduire. En effet, sur Terre, tous les êtres vivants connus ne peuvent répondre à ces caractéristiques que dans certaines conditions très particulières (on est fragiles sur Terre quand même…). Il est vrai que statistiquement parlant, la probabilité que l’ensemble des éléments ayant conduit à l’apparition de la vie sur Terre se reproduisent pour faire apparaître la vie sur une autre planète est particulièrement faible. Si faible qu’il est presque inconcevable qu’une vie semblable à la notre existe sur une autre planète.
Oui mais… « Semblable à la notre »… Semblable à notre façon de croitre et de nous reproduire… Pourquoi ne pourrait-il pas en exister d’autre ? On connait donc si bien l’Univers pour être capable de dire que nous sommes les seuls à vivre ? Ou l’Homme est-il si prétentieux qu’il soit persuadé d’être le seul ? Est-ce un reste des vieilles croyance comme quoi il est au centre de l’Univers ?
Et si on apprenait à réviser nos croyances, à revoir notre façon de penser. Est-il si difficile d’imaginer que quelque part dans cette immensité, d’autres créatures peuvent vivre, grandir et peut-être même fonder une civilisation. Complètement différente de celle que nous connaissons oui, mais essayons, pour une fois de ne plus s’arrêter à nos connaissances… On se sent petit n’est ce pas ? Pensez-y la prochaine fois que vous regarderez le ciel. Quelque part… Là-bas… à des milliers d’années-lumière, il y a peut-être un autre être qui comme vous prend conscience de n’être qu’un grain de sable sur une plage… Et qui se dit que de temps en temps ça ferait du bien aux « grands du monde » de se le rappeler.
« L’univers m’embarrasse et je ne puis songer que cette horloge existe et n’ait pas d’horloger »
Voltaire, Les Cabales

Credit: NASA, ESA, SSC, CXC, and STScI